24 juillet 2006
Allaiter dans un monde Pollué
Nous vivons dans un monde pollué. Les aliments que nous mangeons, l'eau que nous buvons, l'air que nous respirons, tous sont à des degrés divers contaminés par des polluants : insecticides, pesticides, nitrates, métaux lourds, dioxines, particules radio-actives, etc. Le lait maternel faisant partie de la chaîne alimentaire, il est inévitable que certains de ces polluants s'y retrouvent à un degré ou à un autre. Ces dernières années, cette constatation a engendré de grandes inquiétudes dans les milieux écologistes de certains pays. Au point qu'en 1992, une publication de Greenpeace titrait : "Si le lait maternel était un médicament, il faudrait le retirer de la vente immédiatement" ! Le parcours du Dr Rogan En fait toutes les recherches des dernières années montrent que même légèrement pollué, le lait maternel reste de loin le meilleur choix pour les bébés. A cet égard, il est intéressant d'étudier le parcours d'un spécialiste américain en matière de pollution, le Dr Rogan. Pendant quinze ans, il a étudié les mères et enfants de Caroline du Nord, et a publié une série d'articles sur les taux de DDT et de PCBs (1) trouvés dans le lait maternel, et les conséquences éventuelles sur la santé et le devenir des enfants allaités. Sa recherche confirme bien que ces produits - bien qu'interdits dans certains pays, dont les USA, depuis pas mal d'années - se retrouvent dans le lait de pratiquement toutes les femmes dans le monde entier. Les taux les plus élevés étaient retrouvés chez les femmes âgées, les femmes qui en étaient à leur premier enfant, les femmes tabagiques et celles consommant régulièrement des boissons alcoolisées. Le taux baissait tout au long de la lactation (2). Si l'on essayait d'estimer l'impact à long terme de l'exposition aux polluants par le biais de l'allaitement, en termes d'espérance de vie, on aboutissait à des résultats très instructifs. La diminution de la durée de vie moyenne, chez les personnes ayant été allaitées, en tenant compte de l'exposition à divers toxiques pendant cet allaitement, était estimée à moins de 3 jours. Par contre, la diminution vie moyenne, chez les personnes n'ayant pas été allaitées, en tenant compte des différences actuellement connues dans la morbidité et la mortalité reliées à l'alimentation au lait industriel, était d'environ 70 jours. En 1992, il concluait dans un de ses articles (3) qu'aucun impact négatif ne pouvait être relié à l'exposition aux polluants du lait maternel chez des enfants suivis pendant quatre ans, et ce même chez les enfants qui avaient été allaités longtemps par des mères chez qui les taux de ces polluants étaient particulière-ment élevés. Et en 1993, un dernier article (4) signalait que les enfants allaités avaient un meilleur développement psychomoteur et de meilleurs scores aux divers tests pratiqués que les enfants nourris au lait industriel. En outre, les scores étaient d'autant meilleurs que la durée de l'allaitement était longue. Et la dioxine ? Récemment, c'est la dioxine qui est devenu l'épouvantail majeur quant on parle de pollution du lait maternel. Il est vrai que l'inquiétude peut s'expliquer quand on sait que les dioxines sont soupçonnées d'être cancérigènes. Mais là aussi, toutes les études scientifiques concordent pour dire qu'on ne retrouve aucun impact clinique chez des enfants allaités par des mères dont le lait était pollué par les dioxines. Mieux, le lait maternel semblerait corriger l'impact néfaste de la pollution subie par l'enfant en période foetale. Et, bonne nouvelle, les dernières recherches ont montré un abaissement d'environ 30% du taux lacté de dioxine (5). Que faire ? On sait maintenant que si les polluants posent problème, c'est bien plutôt au niveau du foetus, à cause du passage transplacentaire, que par le biais de l'allaitement. Cela justifierait-il pour autant de remplacer l'utérus maternel par un "ventre" artificiel, sous prétexte qu'on pourrait mieux en contrôler le degré de pollution ?! De même que la diade mère/foetus est irremplaçable, de même le lait maternel est unique, et il est absurde de vouloir lui appliquer la réglementation prévue pour la vente des produits alimentaires (6). Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille se satisfaire de la situation actuelle. Il serait évidemment meilleur pour les bébés allaités (et pas seulement pour eux...) que notre environnement soit moins pollué. Pour cela, nous pouvons agir au niveau individuel (voir les suggestions ci-contre) et au niveau collectif. C'est pourquoi l'action des défenseurs de l'allaitement et celle des défenseurs de l'environnement, loin de s'opposer, doivent se compléter. C'est pourquoi La Leche League International a rencontré récemment le Directeur exécutif de Greenpeace USA, et au cours d'une conférence de presse de Greenpeace tenue à l'occasion du Jour de la Terre, le 22 avril dernier, a lancé un appel qui se terminait par ces mots : "Cette année, le thème de la Semaine mondiale de l'allaitement, du 1er au 7 août, est 'L'allaitement, la façon naturelle'. Nous faisons appel à tous les défenseurs de l'environnement pour qu'ils soutien-nent l'allaitement comme la meilleure méthode d'alimentation infantile, tout en luttant pour contrôler l'usage des substances dangereuses. Le lait maternel est une ressource naturelle précieuse, qu'il faut promouvoir et protéger. Les écologistes tout comme les groupes de soutien à l'allaitement ont un intérêt commun à soutenir l'allaitement, la façon la plus saine et la plus écologique de nourrir nos bébés". Minimiser le risque de pollution du lait maternel
D'après Betty Crase, Pesticides and breastfeeding, Leaven, May-June 1994. |
| (1) Polychlorobiphényles, notamment utilisés dans l'isolation des transformateurs électriques. (2) Ce qui rend particulièrement absurde la recommandation de limiter l'allaitement à trois mois. Cela revient à encourager les mères à ne donner à leur bébé que le lait "le plus pollué" ! (3) Rogan WJ and Gladen BC, "Neurotoxicology of PCBs and related compounds", Neurotoxicology 1992 ; 13 : 27-36. (4) Rogan WJ and Gladen BC, "Breastfeeding and cognitive development", Early Human Dev 1993 ; 31 : 181-93. (5) "Breast milk : dioxin levels fall but action is still needed", BMA Update, August 1996, 6. (6) Sans compter que les laits artificiels eux aussi peuvent être pollués (voir par exemple l'affaire des phtalates, AA n° 29, p. 17). à lire |
source = www.lllfrance.org
21 juillet 2006
Complément d'eau & allaitement
En ce qui nous concerne dans les pays développés, le complément d'eau n'a aucune raison d'être si bébé est au sein à la demande, Le lait maternel est composé à plus de 90% d'eau.
Un bébé bien allaité n'a pas besoin d'eau, même l'été, même en période de canicule. S'il ne tète pas bien, il n'a pas pour autant besoin d'eau; il faut plutôt corriger le problème d'allaitement.
Supplémentation en eau d'enfants exclusivement allaités pendant la période estivale sous les tropiques
L'allaitement maternel exclusif couvre tous les besoins caloriques nécessaires pour assurer la croissance et l'activité du bébé pendant les 4 premiers mois.
Cependant, les professionnels de santé des régions tropicales recommandent souvent l'utilisation de suppléments d'eau, même quand la possible contamination de l'eau peut présenter un danger pour le bébé.
Des bébés de sexe masculin, âgés de 1 à 4 mois et en bonne santé, ont été étudiés pendant 8 heures dans un hôpital. Ils.ont été répartis en deux groupes: exclusivement allaités (n=23), et allaités plus eau (n=22).
Les enfants du groupe "exclusivement allaité" n'ont reçu en routine aucun supplément, et n'en avait pas reçu pendant la nuit précédant l'étude. L'absorption de lait a été calculée par des pesées. L'apport d'eau a été calculé par des biberons gradués. Les urines ont été collectées et mesurées. Des échantillons de sang ont été prélevés à la fin de la journée de test.
Les températures maximum de la pièce étaient comprises entre 34 et 41°C, et l'humidité relative entre 9 et 60%. Après correction pour tenir compte de l'âge, du poids et de la taille, de la température et de l'humidité, l'apport liquidien total s'est avéré être supérieur chez les enfants exclusivement allaités (274 ml contre 210 ml).
Il n'a pas été retrouvé de différence significative entre les deux groupes quant à la quantité d'urine émise, l'osmolarité sanguine ou urinaire, le poids ou la température rectale. Une perte d'apports caloriques de 8 à 10% a été constatée chez les enfants recevant des suppléments d'eau. Les chercheurs concluent que les enfants exclusivement allaités peuvent maintenir leur équilibre liquidien pendant l'été.
Dans les pays en voie de développement, donner de l'eau aux bébés représente un facteur de risque important à cause des contamination par des bactéries entéropathogènes, et des interférences avec l'allaitement maternel.
Water supplementation on exclusively breastfed infants during summer in the tropics. H.P.S. Sachdev, J. Krishna, R.K. Puri et al. Lancet 1992; 337: 929-33.
14 juillet 2006
Allaitement & caries
Allaiter Aujourd'hui n°54 - Le point sur...
Nous ouvrons aujourd’hui une nouvelle rubrique qui, nous l’espérons, sera ensuite régulière. Il s’agit de faire « le point sur » des sujets divers, autour bien sûr de l’allaitement et du maternage. Sujets qui ne justifient pas cinq pages de dossier et vingt de témoignages, mais nécessitent néanmoins plus qu’une simple colonne de « brève ».
Pour l’inaugurer, nous allons faire « le point » sur caries et allaitement. Nous avions déjà abordé le sujet dans AA n° 28, mais il est bon d’y revenir, car c’est régulièrement que des mères de bambins allaités se font dire par le dentiste que si leur enfant a des caries, c’est parce qu’elles les allaitent encore, et notamment la nuit. Certains vont jusqu’à refuser de soigner l’enfant tant que la mère ne l’a pas sevré, au moins des tétées nocturnes. ..
En fait, si l’on étudie la littérature sur le sujet, on s’aperçoit que les seules études montrant un lien éventuel entre allaitement et caries sont de simples études de cas, portant uniquement sur un ou deux enfants. Aucune étude épidémiologique n’a jamais retrouvé ce lien. Au contraire, plusieurs études (Oulis 1999, Torney 1992, Weerheijm 1998) ont exonéré l’allaitement de toute responsabilité.
En fait, la plupart des dentistes extrapolent à l’allaitement le « syndrome du biberon » où des enfants qui pendant de longues heures, voire parfois toute la nuit, tètent des biberons de lait ou de boissons sucrées, développent des caries au point de se retrouver vers 3 ou 4 ans complètement édentés.
C’est méconnaître complètement les différences entre l’allaitement et le biberon.
Pourquoi l’allaitement n’est pas cariogène
Tout d’abord, le lait maternel n’abaisse pas de façon significative le pH à l’intérieur de la bouche, contrairement à presque tous les laits industriels. Or la bactérie qu’on estime la principale responsable des caries, le Streptocoque mutans (S. mutans), se développe particulièrement bien à un pH bas.
En second lieu, la plupart des laits industriels sont sujets à la prolifération bactérienne, contrairement au lait de femme qui renferme des facteurs anti-bactériens. On sait par exemple que le S. mutans est très sensible à l’action bactéricide de la lactoferrine, un des composants majeurs du lait maternel (Palmer 2000).
Troisièmement, on a observé que les laits industriels dissolvent l’émail des dents, contrairement au lait de femme qui dépose du calcium et du phosphore dans l’émail (reminéralisation).
La mécanique même de l’allaitement fait qu’il est très improbable que du lait maternel stagne longtemps dans la bouche du bébé, contrairement à ce qui se passe avec le biberon et qui explique la « carie du biberon ». Un mouvement de succion du sein est suivi d’une déglutition, le bébé doit avaler avant de continuer. Au biberon au contraire, du liquide peut couler dans la bouche du bébé même s’il ne tète pas activement ; s’il ne l’avale pas, ce liquide peut rester à l’avant de la bouche et baigner les dents.
Enfin, la sécheresse de la bouche est l’un des facteurs pouvant augmenter l’incidence des caries précoces. La salive est produite en moindre quantité la nuit, surtout chez les personnes qui respirent par la bouche. Or un bambin qui tète encore la nuit continue à produire de la salive, ce qui peut aider à combattre cette sécheresse.
Le pourquoi des caries
Il n’en reste pas moins qu’on voit régulièrement des bambins allaités avec des caries. Si l’allaitement n’est pas en cause (on pourrait dire qu’ils ont des caries non pas parce qu’ils sont allaités, mais en dépit du fait qu’ils sont allaités), comment cela s’explique-t-il ?
Et bien, par les causes qu’on retrouve chez tous les enfants, allaités ou pas : défauts de l’émail, héréditaires ou congénitaux (dus à quelque chose qui s’est passé pendant la grossesse : fièvre, maladie, stress, prise de médicaments, mauvaise alimentation) ; naissance prématurée ; fièvres chez l’enfant ; mauvaise hygiène buccale ; abus d’aliments et de boissons sucrés (sans oublier le sucre contenu dans nombre de médicaments pédiatriques) ; infection par le S. mutans.
Certains estiment que la responsabilité de cette bactérie est en cause dans 90 % des caries précoces. Elle est le plus souvent transmise de la mère à l’enfant par la salive, au cours de leurs contacts fréquents et intimes (bisous, partage des couverts et ustensiles de cuisine…). Ce qui explique sans doute les résultats de cette étude (Serwint 1993) qui avait trouvé une forte corrélation entre l’apparition de caries chez le bambin et la présence de nombreuses caries chez la mère.
Préventivement, certains conseillent que la mère, dès la fin de la grossesse, fasse des bains de bouche quotidiens avec une solution au fluor ou à la chlorhexidine. Mais cela est controversé et doit être discuté avec le dentiste. On peut aussi prévenir la contamination de l’enfant par le S. mutans en évitant le plus possible tout ce qui aboutit à un échange de salive (partage de couverts ou de brosses à dents, etc.), et en faisant en sorte de ne pas abaisser le pH de la bouche (ne pas introduire de lait industriel par exemple).
Si les caries sont là, il faut bien sûr les faire traiter (ne pas se dire : ce ne sont que des dents de lait, ce n’est pas important) par un dentiste habitué à soigner les petits. Et peut-être faire des tests salivaires afin d’évaluer le « risque carieux ». Des traitements spécifiques du S. mutans (bains de bouche anti-bactériens, vernis anti-bactériens, on parle même d’un vaccin à l’étude) pourront alors se révéler utiles (Reagan 2002).
Oulis, C. et al, Feeding practices of Greek children with and without nursing caries, PediatrDent 1999 ; 21(7) : 409-416.
Palmer B, Breastfeeding and infant caries, ABM News and Views 2000 Dec ; 6 (4) : 27-31.
Reagan L, Big bad cavities, breastfeeding is not the cause, Mothering 2002 Jul-Aug : 113.
Serwint JL et al, Child-rearing practices and nursing caries, Pediatrics, 8/93, 92 : 233-37.
Torney, H., Prolonged On-Demand Breastfeeding and Dental Caries – An Investigation, thèse, Dublin, 1992
Weerheijm KL, Prolonged demand breastfeeding and nursing caries, Caries 1998, 32 (1) : 46-50.
Recherche Modératrices/conseillères
Je recherche pour mon forum "Le Plaisir d'Allaiter" des modératrices/conseillères pour ce il faut :
¤Avoir pratiqué un allaitement long, ou être en allaitement de plus de 6 mois, ou encore être maraine d'allaitement ou animatrice,
¤Etre en accord avec les principes clef de la réussite de l'allaitement à savoir ne pas donner de biberon de complément par exemple!
¤ Etre un minimum "Maternante" (portage, cododo...)
¤Etre disponible (bien sur nous avons toutes une vie)
Le rôle sur le forum est de rassurer les mamans, leur donner confiance, vérifier que les conseils donner par certaines sont bons et ne mettent pas en péril leur allaitement, orienter les mamans vers de bons spécialiste en cas de soucis médical!
Mon but en ouvrant ce forum était sutout une aide rapide de qualité car les mamans en détresse ont besoin d'aide rapide, et comme vous le savez chacun ayant une vie il est bien normal qu'on ne peut pas non plus passer 24/24 sur le net donc j'ai besoin de bras!
j'ai vu que dans un forum allaitement, il y avait beaucoup de "bras" pour encadrer malgré que je le trouve trop papotage et fouilli à mon goût m'enfin l'essentiel étant que les mamans s'y retrouvent!
voici l'adresse pour celles qui connaissent pas
http://leplaisirdallaiter.forumactif.com/index.forum
merci de poser votre candidature, à la suite de ce message si vous etes interressée!
09 juillet 2006
Le point sur la candidose mammaire(mycose)
Elle est une cause fréquente de douleur des mamelons survenant après un intervalle libre.
La douleur qu'elle induit chez la mère peut compromettre l'allaitement en raison de son intensité ;
il sera donc important de la diagnostiquer précocement, pour débuter rapidement le traitement.
=>Ce dernier doit être suffisamment long ; étant donné les résistances de plus en plus fréquentes,
il pourra demander de la persévérance.
Le Candida albicans est un saprophyte ; présent sur la peau et les muqueuses, ainsi que dans le tube digestif, il fait partie de notre flore normale. Il ne devient pathogène que lorsque le niveau de nos défenses immunitaires est abaissé, qu'il y a rupture de l'intégrité de la peau ou des muqueuses, ou que la flore normale est déséquilibrée, ce qui l'amène à proliférer de façon anormale.
La candidose est habituellement une pathologie bénigne. Le Candida albicans est le plus susceptible d'induire des infections chez les humains.
Toutefois, d'autres espèces de Candida peuvent être pathogènes. Le Candida dubliniensis est très proche du C. albicans, et pourra facilement être confondu avec lui. L'existence de différentes espèces a des implications pour le traitement. Le Candida krusei est toujours résistant au fluconazole, par exemple, le C. glabrata et le C. dubliniensis peuvent aussi l'être.
On peut présenter une candidose au niveau de la peau et des muqueuses, orale, gastro-intestinale et vaginale. Le Candida prolifère plus facilement dans un environnement obscur, chaud et humide. Il peut évoluer rapidement pour s'adapter aux modifications de l'environnement. Sa multiplication se fait par division. Il se présente normalement sous la forme de cellules arrondies. Sous certaines conditions, il forme des arborescences filamenteuses qui se ramifient, et qui peuvent infiltrer les tissus.
Le Candida sécrète diverses enzymes qui faciliteront sa pénétration dans les cellules de l'hôte. Cette pénétration induira une réponse inflammatoire.
La candidose buccale ou muguet est très fréquente chez les jeunes enfants, car chez eux le fonctionnement des glandes salivaires et l'écoulement de la salive sont peu efficaces, ce qui favorise la prolifération locale du Candida : des études ont montré que près de la moitié des enfants de 7 jours à 18 mois avaient du Candida dans la bouche, même si seulement 1/4 d'entre eux présentaient des signes cliniques de candi-dose. Il peut induire un muguet ou une dermite fessière chez le bébé. Un muguet chez l'enfant pourra, dans certains cas, contaminer les seins de la mère, pour provoquer une mycose des mamelons et/ou des canaux lactifères.
Une étude récente portant sur 623 femmes enceintes espagnoles a constaté une forte corrélation entre l'existence d'un Streptocoque B au niveau vaginal et la candidose. Le Candida albicans était retrouvé chez 10% des femmes enceintes en bonne santé, et le Streptocoque B chez 7% des femmes. 55% des femmes qui portaient du C. albicans portaient aussi du Streptocoque B. L'antibiothérapie prophylactique prescrite aux femmes porteuses de Streptocoque B pourra favoriser chez ces femmes la survenue d'une candidose vaginale et/ou d'une candidose des mamelons, si cette femme porte aussi le C. albicans.
L'existence des candidoses mammaires est connue depuis les années 1940. Elles ont été essentiellement étudiées chez les espèces utilisées par l'élevage laitier. Cependant, très peu d'études ont été effectuées sur cette pathologie chez la femme, et elle reste donc trop souvent méconnue. A noter : il n'est pas nécessaire de traiter la mère si elle ne présente aucune manifestation douloureuse ; de très nombreuses mères dont le bébé souffre de muguet n'auront jamais de candidose mammaire.
Symptômes
• Douleur intense des mamelons, apparaissant rapidement, généralement après une période de plusieurs semaines ou plusieurs mois sans problème ; on peut cependant voir survenir une mycose dès les premiers jours post-partum.
• La douleur est continue pendant toute la tétée, même lorsque l'enfant est parfaitement mis au sein et que sa succion est correcte ; elle est même souvent plus intense à la fin de la tétée ; elle persiste entre les tétées, et peut rendre insupportable jusqu'au simple contact des vêtements.
• Elle est le plus souvent à type de brûlure, localisée à la peau (sensation d'acide qui brûle le mamelon) ; mais la mère peut aussi décrire une sensation d'élancements rayonnants, de « feu liquide » ou de « verre pilé » à l'intérieur du sein ; la douleur peut irradier vers le dos et les épaules.
• Les mamelons peuvent être irrités, rosé vif (ou d'une couleur plus foncée chez les femmes noires) ; ils peuvent peler, être crevassés, avoir un aspect croûteux, ou lisse et luisant, démanger ; mais ils peuvent aussi avoir un aspect tout à fait normal ; un seul sein peut être le siège de manifestations douloureuses.
• Le bébé peut avoir un muguet ou un érythème fessier (dans de rares cas, le muguet est important chez le bébé, et ce dernier peut avoir la bouche douloureuse) ; cependant, on peut ne retrouver aucun symptôme autre que la douleur caractéristique décrite par la mère.
On recherchera l'existence de facteurs favorisants :
Les facteurs augmentant le risque de survenue d'une candidose peuvent être classés en 4 catégories :
=>• Le statut physiologique de la mère : maladies infectieuses, existence d'un autre site de candidose (vaginale...), âge, anémie, diabète, obésité, fatigue, tout problème abaissant le niveau immunitaire ;
=>• Les facteurs diététiques : excès ou carences nutritionnel-les (vitamines, minéraux...), qui altèrent la flore digestive normale ou affectent le statut immunitaire ;
=>• Les facteurs mécaniques : lésions cutanées ou muqueuses, macération, compression par les vêtements, hygiène défectueuse, ou au contraire « agressive » ;
=>• Les facteurs iatrogènes sont tous les traitements qui favorisent la sortie du Candida de sa niche écologique : traitement antibiotique (y compris l'antibiothérapie donnée après une césarienne ou pour le traitement d'une infection puerpérale), contraceptifs oraux, traitement par un stéroïde, antidépresseurs, immunosuppresseurs...
A noter : le risque de candidose est nettement plus élevé en cas de diabète ou de déficit immunitaire sérieux ; la survenue, chez une mère, de candidoses récidivantes doit faire rechercher une telle pathologie. Il semble aussi exister une relation fréquente entre la candidose mammaire, l'hyperlactation, et les problèmes de canaux lactifères bouchés ; une étude a constaté que respectivement 49% et 54% des femmes qui souffraient d'une candidose présentaient aussi une hyperlactation ou un problème de canaux lactifères bouchés.
Dans la plupart des cas, le diagnostic de candidose est fait devant un ensemble de signes cliniques, et la résolution de ces signes après traitement est considérée comme apportant la confirmation du diagnostic. Cette approche n'a pas permis d'acquérir une bonne connaissance de l'épidémiologie de la candidose mammaire, et bon nombre de femmes ont été soignées de façon inappropriée. Mais poser un diagnostic bactériologique est difficile en cas de candidose mammaire. Si la présence de Candida dans le sang ou les urines est toujours anormale, sa présence sur la peau en faible quantité est normale. La recherche du Candida dans le lait est particulièrement aléatoire, dans la mesure où certains composants du lait humain inhibent le Candida. Pratiquer un prélèvement pour recherche du Candida sur la peau ou dans le lait est donc inutile : ni sa présence ni son absence sur les cultures ne prouvent quoi que ce soit.
D'autres problèmes peuvent avoir pour conséquence des mamelons douloureux. Il faudra donc interroger soigneusement la mère, examiner les seins et assister à une tétée dans toute la mesure du possible, pour apprécier la mise au sein et la succion de l'enfant. Les caractéristiques de la douleur sont le critère diagnostique le plus fiable. La douleur éprouvée lors d'une mise au sein incorrecte est maximale en début de tétée, et diminue ensuite. Celle liée à un réflexe d'éjection diminue aussi pendant la tétée. Un vasospasme peut induire une douleur présentant des caractéristiques similaires, mais il s'accompagne de modifications caractéristiques de la couleur du mamelon. Un bébé en âge de percer des dents peut serrer le mamelon entre ses gencives (le mamelon est blanc après la tétée). Un herpès induira des lésions cutanées spécifiques. Les mamelons peuvent être le siège d'un eczéma, d'une allergie de contact ou d'un psoriasis. Le recours à un dermatologue pourra être utile pour faire un diagnostic précis.
Traitement
Le but essentiel du traitement n'est pas de supprimer le Candida (il ne faut pas perdre de vue le fait qu'il est un germe saprophyte), mais de l'amener à reprendre sa place « normale » dans notre flore. Cela peut se faire en utilisant des produits qui limiteront sa prolifération, et en rétablissant des conditions qui restaureront la flore normale et le niveau immunitaire.
La mère et l'enfant (voire le partenaire sexuel de la mère) seront traités simultanément et pendant la même période de temps, et ce même si l'enfant ne présente aucun symptôme. Pour limiter le risque de récidive, ce traitement sera long ; les spécialistes recommandent de le poursuivre jusqu'à 2 semaines après disparition de tous les symptômes ; il sera donc très important d'expliquer à la mère les raisons d'un traitement aussi long.
On pourra utiliser des traitements locaux et généraux, seuls ou en conjonction. Les traitements locaux sont habituellement utilisés en première intention. Ils devront être appliqués sur toutes les zones atteintes. La mère peut allaiter en commençant la tétée par le sein le moins douloureux, et en faisant de petites tétées courtes et fréquentes. Si les mises au sein sont trop douloureuses, la mère pourra tirer son lait pour le donner à son bébé pendant quelques jours, en attendant que la situation s'améliore.
Traitements locaux Antifongiques locaux
Ils seront utilisés en même temps chez la mère et l'enfant : suspensions buvables, crèmes ou gels, à base de kétoconazole (Kétod*rm...), miconazole (Dakt*rin...), éconazole (Dermaz*l, Pév*ryl...), itraconazole (Spora-n*x), nystatine (Myc*statine)... Les suspensions buvables seront appliquées sur les seins et dans la bouche du bébé à l'aide d'un coton tige ; pour administrer au bébé les crèmes et gels, le plus facile est que la mère en mette sur son doigl et le donne à sucer à son bébé. Le Candida ayant un cycle reproductif d'environ 1 heure à 1 heure 1/2, le traitemenl sera appliqué après chaque tétée (toutes les 3 heures environ). Une pommade « tous usages » telle que le Mycol*g, appliqué en couche mince après chaque tétée, sera souveni très utile ; sa composition lui permet de traiter tant la candi-dose que l'inflammation et une éventuelle surinfection bactérienne.
Quelques cas de grève de la tétée suite à l'applicatior de ces produits ont été rapportés par des mères, attribués au goût peu agréable de ces produits.
La mupirocine est un antibactérien local couramment utilisé pour le traitement des surinfections à staphylocoque ou à streptocoque. Des études ont constaté qu'elle était également efficace contre les mycoses. L'application d'une crème à la mupirocine est souvent très efficace pour le traitement des mamelons crevassés surinfectés, et il est utile de savoir que ce produit peut aussi traiter une mycose.
Le Dr Jack New-man (pédiatre à Toronto, responsable de consultations de lactation) recommande l'utilisation de la préparation suivante, à faire préparer par le pharmacien :
• mupirocine à 2% : 15 g
• bétaméthasone à 0,1% : 15 g
• poudre de miconazole ou de clotrimazole qsp pour obtenir une concentration finale de 2% de miconazole, soit 0,6 g pour un poids de 30 g de préparation. Cette pommade sera appliquée en couche mince après chaque tétée (sauf la tétée où la mère utilise le violet de gentiane si elle en utilise). Il ne faut pas essuyer la pommade avant de mettre l'enfant au sein. Elle peut être utilisée jusqu'à disparition totale de la douleur ; ensuite, on réduira progressivement la fréquence d'utilisation sur une à deux semaines avant arrêt complet.
Le violet de gentiane
II peut être utilisé parallèlement aux antifongiques locaux. Il reste un très bon traitement pour les candidoses, y compris chez des femmes pour qui les autres traitements antifongiques ont échoué, même si des résistances apparaissent depuis quelques années. Il est normalement facile de se le procurer, il agit spécifiquement sur la candidose (s'il n'est pas efficace, il faudra suspecter une autre cause au problème), il est efficace rapidement et il est peu coûteux. Son seul défaut est d'être très salissant.
On utilisera une solution aqueuse à 1% de violet de gentiane, selon des modalités très précises. La poudre étant peu soluble dans l'eau, il est nécessaire de la dissoudre dans quelques gouttes d'alcool, puis rajouter l'eau ; la solution finale ne contiendra pas plus de 5 à 10% d'alcool, ce qui ne risque pas d'irriter les muqueuses. C'est le traitement recommandé en première intention dans la consultation de lactation dirigée par le Dr Jack Newman, selon les modalités décrites ci-dessous.
Bon nombre de mères préféreront l'appliquer juste avant de se coucher, ce qui leur permettra de laisser leurs seins à l'air et évitera de tacher les vêtements (sinon, utiliser un vieux soutien-gorge).
• Dénuder largement l'endroit où le violet de gentiane sera appliqué.
• Tremper un coton-tige dans la solution, et le donner à sucer au bébé pendant quelques secondes ; en général, le violet de gentiane se répandra rapidement dans sa bouche ; si nécessaire, passer le coton tige dans la bouche du bébé
pour bien badigeonner l'intérieur des joues et la langue.
• La mère mettra ensuite immédiatement son bébé au sein : les mamelons seront traités par la même occasion.
• Si, après la tétée, les lèvres du bébé et les mamelons de la mère sont violets, il n'y a rien de plus à faire. Si un mamelon n'est pas bien coloré, la mère appliquera du violet de gentiane avec un coton-tige.
• Ce traitement sera répété une fois par jour pendant 3 à 4 jours.
• Après les autres tétées, la mère appliquera un autre antifongique local sur ses seins et dans la bouche du bébé.
Souvent, un soulagement survient dès les premières heures qui suivent la première application, la douleur ayant plus ou moins disparu au bout de 3 jours. Le violet de gentiane sera alors arrêté, tandis que l'application de l'autre antifongique local sera diminuée progressivement pour être stoppée au bout d'environ 1 à 2 semaines.
Si les symptômes douloureux se sont nettement améliorés mais n'ont pas totalement disparu (ou s'ils ont disparu chez la mère, mais que le bébé présente toujours un muguet), il est possible de continuer le traitement au violet de gentiane pendant 1 à 3 jours, ainsi que l'application de l'autre antifongique local. Dans tous les cas, le traitement au violet de gentiane ne sera pas poursuivi au-delà d'un total de 7 jours.
Si aucune amélioration n'est observée, il est possible que le problème ne provienne pas d'une candidose (bien que le Candida commence à devenir résistant au violet de gentiane). Il peut aussi y avoir un autre problème, qui rend les mamelons douloureux même après guérison de la candidose. Quoi qu'il en soit, arrêter le violet de gentiane et réévaluer soigneusement la situation.
Lorsque la solution est trop concentrée, trop alcoolisée, ou utilisée pendant trop longtemps, il peut arriver, exceptionnellement, que le bébé développe des lésions buccales douloureuses qui l'amèneront à refuser le sein.
Dans ce cas, ou si le bébé semble avoir mal à la bouche pendant la tétée, il faudra arrêter immédiatement le violet de gentiane, et consulter un professionnel de l'allaitement. Ce problème disparaît dans les 24 heures.
=>Si la candidose récidive, on peut recommencer le traitement décrit ci-dessus. Mais un 3*rae épisode de candidose devra amener à chercher une cause à cette réinfection (mère porteuse chronique du Candida, tétine que l'enfant porte régulièrement à la bouche...). Dans ce cas, un traitement par voie générale allié au traitement local pourra éliminer tout risque de réinfection.
Autres mesures locales
II sera important de revoir la prise du sein par l'enfant pour la corriger éventuellement : une prise optimale du sein pourra diminuer la douleur induite par la candidose.
On peut utiliser de l'extrait de pépins de pamplemousse sur les mamelons ; mettre 5 à 10 gouttes d'extrait de pamplemousse dans 30 ml d'eau, et appliquer sur les mamelons et les aréoles avec un coton-tige ; laisser sécher, puis appliquer une pommade « tous usages ».
Le Candida est sensible aux modifications de pH. La mère pourra aussi, avant application d'un traitement local, rincer les zones atteintes à l'aide de vinaigre blanc dilué (une cuillère à soupe pour une tasse d'eau). On peut également utiliser du bicarbonate de soude (une cuillère à café rase pour une tasse d'eau) ou de l'eau de Vichy. Exposer les zones atteintes au soleil pendant quelques minutes plusieurs fois par jour accélérera la guérison.
Traitement général
En cas d'échec du traitement local, ou d'emblée si la can-didose semble sévère, et dans la mesure où on est raisonnablement certain que le problème est bien lié à une candidose, un traitement par voie générale sera nécessaire. Il durera au grand minimum 2 semaines, et il est recommandé de le poursuivre jusqu'à 14 jours après disparition des symptômes.
On peut utiliser le miconazole (Dakt*rin, Miconaz*le), le kétoconazole (Két*derm, Niz*ral), à la posologie initiale de 400 mg, suivie de 200 mg 2 fois par jour, ou l'itraconazole (Sporan*x) à la même posologie que le flu-conazole (voir ci-dessous), bien que le Candida soit souvent moins sensible à l'itraconazole qu'au fluconazole. Les candi-doses s'avèrent en effet de plus en plus résistantes aux antifongiques plus anciens.
=>Actuellement, le fluconazole (Trifluc*n) est de plus en plus souvent utilisé, selon les modalités décrites ci-dessous par le Dr Jack Newman. Il est compatible avec l'allaitement. S'il reste en France crédité d'importants effets secondaires qui le font utiliser en dernier recours, les études cliniques effectuées à son sujet après utilisation à des doses parfois importantes et pendant de longues périodes, y compris chez des nourrissons, voire des prématurés de très petit poids de naissance, ont conclu que le fluconazole était au moins aussi efficace que des antifongiques tels que l'amphotéricine B ou la flucytosine, et qu'il semblait induire nettement moins d'effets secondaires. Ces derniers (en particulier les troubles hépatiques) sont surtout constatés chez des personnes souffrant de pathologies lourdes, et prenant d'autres médicaments. Les effets secondaires les plus courants sont les vomissements, les diarrhées, les douleurs abdominales et les rash cutanés. Ils sont le plus souvent bénins, et n'obligent que rarement à arrêter le traitement. Des réactions allergiques sont possibles, mais rares.
Prescrire le fluconazole (Trifluc*n)
Le fluconazole ne devrait pas être utilisé en première intention ; il ne devrait être prescrit que si le traitement local n'a pas donné de résultats. Il stoppe la multiplication du Candida albicans, mais ne le détruit pas.
=> Cela implique que le traitement devra durer un certain temps avant de devenir efficace : il faut habituellement 3 à 4 jours avant qu'il commence à faire effet, et dans certains cas il faudra jusqu'à 10 jours avant de constater une amélioration.
Le fluconazole passe dans le lait, ce qui est nécessaire pour qu'il puisse traiter une candidose des canaux lactifères. De ce point de vue, il est préférable au kétoconazole, qui passe peu dans le lait. Le bébé en absorbera donc, et ce médicament n'est habituellement pas utilisé en première intention pour le traitement de candidoses chez les enfants.
Cependant, il n'a pas été constaté de problème iatrogène chez les enfants exposés au fluconazole par le biais du lait maternel (y compris chez des prématurés traités au long cours), et la quantité qui passe dans le lait est beaucoup trop faible pour traiter une candi-dose chez l'enfant. La mère traitée par fluconazole peut donc continuer à allaiter.
Le Candida albicans devient actuellement de plus en plus résistant au fluconazole, et les posologies ont augmenté ces dernières années. Il y a seulement quelques années, 100 mg/jour de fluconazole guérissaient 90% des femmes ; ce n'est plus le cas maintenant. Les spécialistes recommandent . habituellement une première prise de 400 mg, puis une posologie de 100 mg 2 fois/jour pendant au moins 2 semaines, avec poursuite du traitement pendant encore au moins 1 semaine après la disparition des symptômes ; notre expérience démontre que ce délai permet d'espérer qu'il n'y aura pas de rechute ; elle démontre aussi que la plupart des mères auront besoin de prendre du fluconazole pendant plus de 2 semaines. Dans certains cas, il faudra jusqu'à une semaine avant que la douleur commence à diminuer. Il peut être nécessaire de traiter aussi le bébé. Les spécialistes préconisent dans ce cas une première prise de 6 mg/kg, puis une posologie de 3 mg/kg/jour en une seule prise pendant la même durée que la mère.
Le fluconazole est bien absorbé par voie orale, et il se retrouve dans la peau à un taux très important : 40 fois plus élevé que le taux sanguin. Son élimination de la peau est 2 à 3 fois plus lente qu'au niveau du sang. Une étude a constaté qu'on pouvait retrouver du fluconazole dans les cheveux et les ongles 4 à 5 mois après un traitement de 5 jours avec des doses quotidiennes de 200 mg de fluconazole. Il sera donc nécessaire de revoir le diagnostic et le traitement si aucune amélioration n'est constatée au bout de 10 à 14 jours de traitement par fluconazole (traitement antibiotique, utilisation d'un autre antifongique, recherche d'une dermatite ou d'un vasospasme...).
En particulier, il existe de plus en plus de rapports sur des femmes qui, suite à une candidose des mamelons, présentent un vasospasme. Il semble que la circulation sanguine au niveau du mamelon se coupe en réponse à la douleur. Il est donc utile d'interroger la mère sur l'existence éventuelle des modifications de couleurs typiques du vasospasme. Si ces modifications existent, on pourra recommander à la mère de tenir ses mamelons au chaud, de les couvrir dès que l'enfant lâche le sein. Dans certains cas, une cure de magnésium et de calcium a aidé la mère. Si la douleur ne cède pas à des mesures simples, on pourra envisager de prescrire à la mère de la nifédipine, afin de rompre le cercle vicieux (30 mg/jour, puis diminuer lentement la dose).
Mesures d'hygiène
Pour éviter tout risque de recontamination, la mère devra impérativement appliquer rigoureusement un certain nombre de mesures d'hygiène :
• se laver soigneusement les mains après avoir touché une zone atteinte par la candidose ; laver régulièrement les mains du bébé s'il a l'habitude de se sucer les doigts ;
• jeter après chaque tétée les coussinets d'allaitement jetables ; changer à chaque tétée les coussinets lavables, et les laver à l'eau savonneuse très chaude ;
• tout matériel qui vient en contact avec le sein (tire-lait) ou avec la bouche du bébé (en cas de muguet - jouets, sucettes...) devra être stérilisé quotidiennement, soit par ébul-lition, soit par désinfection à l'eau de Javel ; nettoyer à l'eau javellisée la baignoire du bébé, le matelas à langer... ; à noter que les sucettes favorisent les infections à Candida chez les bébés ;
• en milieu et en fin de traitement, jeter les tétines et su cettes, et en acheter de nouvelles (NB ; les sucettes favorisent l'apparition d'un muguet) ;
• pendant la durée du traitement, porter sur la peau des vêtements qui peuvent être lavés à l'eau très chaude, et rincés à l'eau de Javel ; laisser sécher le linge au soleil si possible ; changer quotidiennement de soutien-gorge ;
• la congélation ne tue pas le Candida ; si la mère tire son lait pendant un épisode de candidose, elle peut le donner à son bébé dans les jours suivants ; certains auteurs pensent que ce lait ne devrait pas être donné au bébé lorsque la candidose sera guérie, sous peine de récidive ; toutefois, rien n'a jamais démontré que le lait humain puisse transmettre une candidose (d'autant qu'il contient des facteurs inhibant le Candida).
vu leur candidose disparaître à la suite d'un traitement homéopathique (Monilia Albicans en dilution élevée). Certaines ont été soignées efficacement par application de teinture de calendula ou d'huile essentielle de mélaleuca (arbre à thé), ou par la prise de gélules d'échinacea.
L'ail est un bon stimulant du système immunitaire, utilisé depuis des siècles pour combattre les infections (soit les gousses d'ail, soit des capsules pour les personnes qui n'en aiment pas le goût). La consommation de céréales complètes permet d'avoir une flore intestinale de meilleure qualité que celle observée chez des personnes consommant des céréales raffinées. Un complexe de vitamine B peut aider. Certaines mères se sont trouvées bien de la prise d'oligo-éléments stimulant le système immunitaire (argent colloïdal, complexe cuivre-or-argent), de vitamines, ou de propolis (per os ou en applications locales).
Eviter les récidives
=>Pour éviter une réinfection, le traitement devra être poursuivi suffisamment longtemps avec persévérance. Chez certaines mères, des mois de traitement variés ne viendront pas à bout du problème, ou la candidose récidivera dès arrêt du traitement. Aider la mère nécessitera alors une investigation poussée et la mise en œuvre de mesures moins classiques (voir ci-dessous).
==>En cas de réinfection chronique, il faudra enquêter très soigneusement sur toute la famille et l'environnement ; le Candida peut se dissimuler dans des lieux totalement inattendus ; changer les brosses à dents de toute la famille, vérifier les dentiers, passer minutieusement en revue tous les membres de la famille sans oublier les animaux familiers, et ce même s'ils ne présentent aucun symptôme de candisose (ils peuvent être porteurs sains) ...
==>Il faut garder à l'esprit que le Candida est un germe saprophyte, et qu'il ne devient pathogène qu'en cas de déséquilibre. Si une mère présente des candidoses mammaires à répétition, il sera bon de s'assurer que la mère ne souffre pas d'un problème tel que carence, diabète, ou autre problème connu pour abaisser le niveau immunitaire de la personne atteinte.
La prévention des candidoses par le contrôle de l'alimentation a ses adeptes. Il semble qu'une alimentation pauvre en sucres rapides et riche en produits tels que les yaourts diminuerait le risque de candidose ; on peut aussi éliminer les aliments contenant des levures alimentaires (fromage, vin, vinaigre...). De telles mesures, si elles n'ont pas fait l'objet d'une évaluation scientifique, ne présentent en tout cas aucun inconvénient, et ont aidé certaines mères à venir à bout d'une candidose rebelle à toute autre mesure.
*L'extrait de pépins de pamplemousse (250 mg 3 fois par jour) pris per os semble donner de bons résultats chez certaines mères. Il peut être utilisé avant d'avoir recours à un autre traitement général, ou en plus de ce traitement général. Il existe un certain nombre de cas montrant que l'homéopathie, la phytothérapie ou la prise de probiotiques peuvent être utiles, seuls ou en conjonction avec les antifongiques. Des mères ont été très satisfaites de la prise de Lactobacillus acidophilus et/ou de Bifidobacterium bifidum.
En conclusion
Nos connaissances sur la candidose mammaire restent très fragmentaires. Il n'est donc pas étonnant que beaucoup de professionnels de santé hésitent à traiter de façon agressive une pathologie sur laquelle il existe peu de données objectives. Toutefois, la douleur provoquée par une candi-dose mammaire est une cause relativement fréquente de sevrage. Lorsqu'une mère se présente avec un tableau clinique évoquant une candidose, toutes les autres causes de douleurs des mamelons doivent aussi être passées en revue, et il sera utile de faire des prélèvements pour étude bactériologique à la recherche d'une surinfection microbienne, en cas de lésions visibles sur les mamelons.
Le traitement de première intention sera local chez la mère et l'enfant, et assorti de mesures d'hygiène rigoureuses ; un tel traitement est peu coûteux, pratiquement dépourvu d'effets secondaires, et peut être complété par un traitement antalgique. La nystatine et les dérivés azolés sont les plus fréquemment utilisés. Le violet de gentiane peut aussi être utilisé, en solution aqueuse à 1%, une fois par jour et pendant seulement 3 à 7 jours. En l'absence d'une nette amélioration au bout de 7 à 10 jours, un traitement général sera envisagé. Le fluconazole représente actuellement le meilleur choix chez la mère allaitante en raison de son faible passage lacté et de sa faible toxicité ; ses principaux inconvénients sont le coût élevé du traitement, et le fait qu'actuellement en France le fluconazole est prescrit hors AMM chez une femme allaitante, ce qui est à l'origine de problèmes pour les prescripteurs et pour les mères.
Enfin:
les mycoses sont souvent dues à un terrain trop acide. Les antibiotiques aggravent cette acidité de l'organisme d'ailleurs.
Les déséquilibres momentanés du pH (de l'organisme) sont dus principalement à :
=>l'apport exagéré d'acides par les aliments,
=>la moins bonne transformation et neutralisation des acides suite à des carences en vitamines et oligo-éléments,
=>la fatigue,
=>le surmenage,
=>la sous-oxygénation des tissus chez les sédentaires".
Troubles résultant de l'acidification du terrain:
-manque d'énergie
-fatigabilité et frilosité
-difficulté à récupérer
-tendance dépressive
-sensibilité des dents au froid, au chaud et à l'acide
-caries
-peau sèche, fissurée ou crevassée, et eczémas secs
-ongles fragiles, cassants, dédounlés, rayés, tâchés
-crampes ou spasmes musculaires
-sciatiques
-sensibilité accrue à la douleur
-grande réceptivité aux infections."
Liste des aliments acidifiants:
-la viande, la volaille, la charcuterie,les extraits de viande, le poisson
-les oeufs
-le fromage
-les produits laitiers riches en petit lait: yaourt, lait caillé, fromage blanc, kéfir,etc.
-les corps gras animaux
-les huiles végétales, surtout l'arachide et les huiles durcies ou raffinées
-les céréales complètes ou non: blé, avoine,... surtout le millet
-le pain, les pâtes, les flocons et aliments à base de céréales
-les légumineuses: arachide, soja, haricot blanc, fève, etc.
-le sucre raffiné et blanc
-les sucreries: sirop, pâtisserie, chocolat, bonbon, confiture,etc.
-les fruits oléagineux: noix, noisette, etc. (sauf l'amande)
-le café, le thé, le cacao, le vin
Liste des aliments acides:
-le petit lait vieux de quelques heures(donc yaourt, lait caillé, kéfir, fromage blanc,etc.)
-les fruits pas mûrs
-les fruits acides: petits fruits (groseilles, cassis, framboise, etc.) et agrumes (citron, pamplemousse, orange,...)
les légumes acides: tomate, rhubarbe, oseile, cresson
-la choucroute
-les jus de fruits
-les boissons industrielles sucrées: limonades et boissons à base de cola
-le miel
-le vinaigre
Liste des aliments alcalinisants:
-les pommes de terre
-les légumes verts, crus ou cuits
-les légumes colorés: carotte, betterave, etc. (sauf tomate)
-le lait
-le petit lait frais ou en poudre
-la banane
-l'amande, la noix du Brésil
-la châtaigne
-les fruits secs (sauf l'abricot)
-l'eau minérale alcaline
-boisson à la purée d'amande
L'équilibre acido-basique de l'organisme est essentiel. Voici quelques sites qui en parlent:
http://www.ateliersante.ch/acide-base.htm
http://www.aliv-e.com/fr/education/articles/miracles_ph.asp
http://www.ledevoir.com/2004/03/27/50690.html?268
http://www.bioperfection.com/sante/nutrition.htm
http://www.lecommuniquesante.ch/fr/Article.asp?CategoryID=1&LanguageID=1&EditionID=24
Un livre très clair qui explique le mécanisme d'acidification de l'organisme et le moyen de corriger le terrain:
"L'équilibre acido-basique, source de bien-être et de vitalité" de Christopher Vasey, aux Ed Jouvence.




