15 novembre 2008
Allaiter un bébé adapté ? c'est possible !
Vous vous préparez à adopter un bébé et vous souhaitez l'allaiter ? Merveilleux ! Non seulement c'est possible, mais c'est relativement facile, et de plus, vous avez de bonnes chances de produire une certaine quantité de lait. Ce n'est guère compliqué, mais ce n'est pas comme allaiter un bébé que vous auriez porté neuf mois.
L'allaitement et le lait maternel
L'allaitement d'un bébé adopté dépend de deux facteurs :
- Le premier est d'apprendre au bébé à prendre le sein.
- Le second est de produire du lait. Il importe d'avoir des attentes réalistes.
L'allaitement, c'est bien plus que le lait maternel, et nombre de
mères se satisfont d'allaiter, sans s'attendre à produire tout le lait
dont le bébé aura besoin.
C'est la relation toute spéciale, le
rapprochement, l'attachement biologique fourni par l'allaitement que
recherchent bien des mères.
Comme disait une mère adoptive : " Je veux allaiter. Si par bonheur le bébé boit du lait maternel, fantastique. "
Apprendre au bébé à prendre le sein
Même
si beaucoup de gens croient que l'alimentation au biberon, même au
début, ne gêne pas l'allaitement, l'introduction d'une tétine peut
vraiment nuire.
Il faut mettre le bébé au sein le plus tôt possible après sa naissance.
Mais
il faut que du lait coule pour que le bébé reste au sein et continue de
téter, surtout s'il s'est habitué au débit d'un biberon ou à une autre
méthode d'alimentation (tasse, alimentation au doigt).
Que faire alors ?
Parlez au personnel de l'hôpital où doit naître le bébé, et précisez bien à l'infirmière-chef ou à la consultante en lactation que vous voulez allaiter le bébé.
On devrait vous permettre de nourrir le bébé à la tasse ou au doigt, si vous ne pouvez pas le mettre au sein immédiatement après sa naissance. D'ailleurs, de plus en plus souvent, on prend les mesures nécessaires pour que la mère adoptive soit présente à l'accouchement et puisse allaiter le bébé immédiatement. Plus vous commencez tôt, mieux c'est.
Certaines mères biologiques acceptent d'allaiter le bébé pendant les premiers jours. Cela n'a rien d'exceptionnel, et l'avantage est que le bébé peut être allaité et boire du colostrum, en plus de ne pas recevoir dès le départ une alimentation artificielle. Des travailleurs sociaux, entre autres, craignent toutefois que cela incite la mère biologique à changer d'idée. C'est possible, et vous pourriez ne pas vouloir prendre ce risque.
Une bonne prise du sein est encore plus importante lorsque la
mère n'a pas une sécrétion lactée abondante. Une bonne prise signifie
des tétées sans douleur. Elle signifie aussi que le bébé recevra
davantage de votre lait, que la sécrétion lactée soit ou non abondante.
S'il faut donner un supplément au bébé, il faut le faire avec un DAL (dispositif d'aide à la lactation), pendant que le bébé est au sein (voir " Utilisation d'un dispositif d'aide à la lactation "). C'est à force de prendre le sein que les bébés apprennent à téter, pas en étant nourris à la tasse, au doigt ou au biberon.
Bien entendu, le supplément donné peut être votre propre lait,
extrait préalablement. Si vous pouvez en trouver, le lait d'une banque
de lait maternel est ce qu'il y a de mieux après votre propre lait.
Si vous avez de la difficulté à mettre le bébé au sein, demandez de l'aide aussi vite que possible.
Produire du lait maternel
Dès que l'arrivée du bébé est en vue, communiquez avec une clinique de lactation et préparez-vous à produire du lait.
Il
faut bien comprendre que vous ne produirez peut-être jamais
suffisamment de lait pour nourrir le bébé de façon exclusive, mais
c'est possible.
Il ne faut pas se décourager à la vue des quantités
extraites avant la naissance du bébé ; un tire-lait n'est jamais aussi
efficace qu'un bébé qui tète bien et qui est bien mis au sein.
L'expression
du lait avant la naissance du bébé a pour principal objectif de
préparer les seins à sécréter du lait, non de constituer des réserves
de lait, même si c'est une bonne idée si vous le pouvez.
Si
vous savez suffisamment tôt quand arrivera le bébé, par exemple 6 ou 7
mois à l'avance, un traitement combinant l'oestrogène et la
progestérone (comme pour l'anovulant, mais sans l'interruption) ainsi
que du dompéridone peut simuler un peu la grossesse et vous permettre
de produire davantage de lait.
Renseignez-vous sur ce protocole auprès de votre clinique.
a. Expression du lait.
Si possible, louez un tire-lait électrique double, d'abord parce qu'il faut évidemment deux fois moins de temps pour tirer du lait des deux seins à la fois, mais aussi parce que la production de lait sera accrue.
Commencez à extraire du lait dès que l'arrivée du bébé est en vue, même si cela signifie que vous devrez le faire pendant quatre mois.
Il n'est pas nécessaire de tirer du lait régulièrement, ni de suivre un horaire. Faites de votre mieux.
Si deux fois par jour est ce qu'il vous est possible de faire au début, faites-le deux fois par jour. Si vous le pouvez une fois par jour pendantla semaine, et six fois pendant le week-end, tant mieux.
Le conjoint peut aussi aider en stimulant les mamelons.
b. Dompéridone
Ce médicament peut vous aider à augmenter votre production de lait.
Il n'est pas nécessaire d'y avoir recours pour allaiter un bébé adopté, mais il peut aider à augmenter la sécrétion lactée.
Il n'y a pas de médicament inoffensif à 100%. Si vous décidez de
prendre du dompéridone, la dose est de 20 mg, quatre fois par jour.
Lisez le feuillet pour en savoir davantage et consultez un
professionnel de la santé.
Avec le tire-lait et le
dompéridone, la plupart des mères adoptives commencent à produire des
gouttes de lait après deux à quatre semaines.
Mais produirai-je tout le lait dont aura besoin mon bébé ?
Peut-être, mais n'y comptez pas.
Si
vous n'en produisez pas, allaitez tout de même votre bébé, et
permettez-vous, à tous les deux, de jouir de cette relation si spéciale.
Un peu de lait, c'est mieux que pas du tout.
Dr Jack Newman, MD, FRCPC - Pédiatre - Responsable de consultations d'allaitement à Toronto, Canada
17 janvier 2007
Personne ne manque de lait !
La peur, que dis-je, la terreur, parfois obsessionnelle d'un très grand nombre de mères en occident est de manquer de lait.
Pourtant nous sommes le plus souvent bien (souvent trop) nourries, chauffées, ne risquons pas de périls pour notre vie et celle de nos proches au contraire de nos ancêtres durant des centaines de milliers d'années et au contraire, hélas encore, d'une bonne partie des femmes de la planète aujourd'hui même.... lesquelles allaitent !
L'espèce humaine a survécu en grande partie tout ce temps magré famines et périls, guerres et maladies... grâce à l'allaitement.
Alors d'où nous vient cette angoisse ?
Historiquement, elle vient au départ d'une période où en hôpital on a beaucoup testé le lait maternel pour savoir "s'il était assez riche" et la conclusion était quasiment toujours négative car on prélevait le lait de début de TT (plus facile à récupérer puisqu'il sort en jets) lequel est précisément déshydratant et non gras ! Donc des générations de femmes se sont entendues dire que leur lait n'était pas suffisant...
Ensuite, comme pour l'accouchement, la prise en main des médecins, généralement hommes au départ, sur les évènements comme naissance et alimentation des tout petits dans une démarche délibérément "anti matrones" lesquelles avaient l'expérience mais pas "le savoir" (mais ceux qui prétendaient l'avoir étaient et sont souvent encore bien plus ignorants qu'elles)... du coup sont apparues des prescriptions débiles et souvent criminelles comme coucher les BB sur le ventre ou espacer les TT, ne pas les faire durer plus de tant, dégainer le "complément" à la moindre occasion, etc... pour ce qui concerne l'allaitement évidemment, c'est le plus sûr moyen de manquer effectivement de lait...
Naturellement se sont engouffrés là dedans les fabricants de lait de vache industriel qui ont colonisé, sponsorisés et phacocyté à leur sauce les magasines grand public pour parents où jusqu'à la période récente il ne pouvait être dit une seule chose censée sur l'allaitement..
Parler d'allaitement était nécessairement parler des problèmes de l'allaitement, et donc notamment du soi-disant "manque de lait"
Le biberon est devenu à ce point l'étalon or, qu'il imprime dans les esprits des mères comme dans les conseils et pratiques hospitalières et médicales l'idée que le sein est un réservoir qui se remplit et se désemplit, l'idée qu'un BB doit téter de moins en moins souvent et arriver à un moment à 3/4 TT/jour,etc. bref tout ce qui fait capoter rapidement un nombre considérable d'allaitement et effectivement fait baisser dangereusement la lactation.
Autant dire que l'on a toutes le cerveau lavé même quand on pense que l'allaitement c'est naturel. Et qu'il va falloir d'abord suivre un programme de déconditionnement cérébral (par exemple en lisant tout ce qu'il y a sur ce forum ou en allant à des tas de réunions d'allaitement) avant de pouvoir l'aborder sereinement.
Il est temps de rappeler une évidence : nous avons toutes assez de lait. Sur une journée, tout le monde produit la bonne quantité pour son enfant. Pour certaines femmes/bébés/seins, il va falloir pour cela plein de TT, pour d'autres un peu, voire plus rarement beaucoup moins.
Certains jours BB tète beaucoup plus. Ce peut être qu'il a plus soif, qu'il a plus besoin de maman (maladie, dents... maman absente...), qu'il fait une poussée de croissance, qu'il est un bb aux besoins intenses.
Chaque fois que l'on suit la demande de son petit, on ne peut qu'avoir raison. Un bébé allaité à la demande, même importante, sans interférence d'un biberon ou d'une tototte, ne deviendra jamais malingre ou
obèse. Il prendra juste ce qu'il faut.
Donc du balais les mauvaises pensées : vous avez ce qu'il faut, tout ce qu'il faut, rien que ce qu'il faut.
Donc 


Article de Grandma2 ==> Merci
21 juillet 2006
Complément d'eau & allaitement
En ce qui nous concerne dans les pays développés, le complément d'eau n'a aucune raison d'être si bébé est au sein à la demande, Le lait maternel est composé à plus de 90% d'eau.
Un bébé bien allaité n'a pas besoin d'eau, même l'été, même en période de canicule. S'il ne tète pas bien, il n'a pas pour autant besoin d'eau; il faut plutôt corriger le problème d'allaitement.
Supplémentation en eau d'enfants exclusivement allaités pendant la période estivale sous les tropiques
L'allaitement maternel exclusif couvre tous les besoins caloriques nécessaires pour assurer la croissance et l'activité du bébé pendant les 4 premiers mois.
Cependant, les professionnels de santé des régions tropicales recommandent souvent l'utilisation de suppléments d'eau, même quand la possible contamination de l'eau peut présenter un danger pour le bébé.
Des bébés de sexe masculin, âgés de 1 à 4 mois et en bonne santé, ont été étudiés pendant 8 heures dans un hôpital. Ils.ont été répartis en deux groupes: exclusivement allaités (n=23), et allaités plus eau (n=22).
Les enfants du groupe "exclusivement allaité" n'ont reçu en routine aucun supplément, et n'en avait pas reçu pendant la nuit précédant l'étude. L'absorption de lait a été calculée par des pesées. L'apport d'eau a été calculé par des biberons gradués. Les urines ont été collectées et mesurées. Des échantillons de sang ont été prélevés à la fin de la journée de test.
Les températures maximum de la pièce étaient comprises entre 34 et 41°C, et l'humidité relative entre 9 et 60%. Après correction pour tenir compte de l'âge, du poids et de la taille, de la température et de l'humidité, l'apport liquidien total s'est avéré être supérieur chez les enfants exclusivement allaités (274 ml contre 210 ml).
Il n'a pas été retrouvé de différence significative entre les deux groupes quant à la quantité d'urine émise, l'osmolarité sanguine ou urinaire, le poids ou la température rectale. Une perte d'apports caloriques de 8 à 10% a été constatée chez les enfants recevant des suppléments d'eau. Les chercheurs concluent que les enfants exclusivement allaités peuvent maintenir leur équilibre liquidien pendant l'été.
Dans les pays en voie de développement, donner de l'eau aux bébés représente un facteur de risque important à cause des contamination par des bactéries entéropathogènes, et des interférences avec l'allaitement maternel.
Water supplementation on exclusively breastfed infants during summer in the tropics. H.P.S. Sachdev, J. Krishna, R.K. Puri et al. Lancet 1992; 337: 929-33.
30 juillet 2005
La Lactation automatique?? mais qu'est ce c'est??
La lactation automatique se situe en moyenne vers les 3/4 mois de bébé.
La lactation se fait à la demande et non plus "en prévision de ".
On se retrouve alors avec une poitrine qui diminue un peu, et on a souvent l'impression de ne plus avoir de lait, alors qu'en fait la production se fait une quinzaine de secondes après le début de la tétée. Ce que boit bb en début de tétée est à 90% composée d'eau (enfn presque) et ensuite c'est le lait qui change de composition durant la tétée.
Auparavant l'ocytocine fonctionnait en continue de l'accouchement par la suite l'ocytocine est déclenchée seulement par l'action de la succion.
En général on a les seins pleins, tendus et qui coulent jusqu'au troisième mois de bébé environ, ensuite la lactation s'installe. c'est une fabrication "à la demande"
Lors du passage en "lactation automatique", le sein (ou plutôt le cerveau) a compris quelle quantité le bébé boit. Alors il ne commande plus au sein de produire des réserves "au cas où" entre les tétées. Les seins redeviennent mous. La production de lait n'est plus déclenchée que par la seule succion du bébé.
je vous invite également à à lire cet article => sein vide, sein plein?
08 juillet 2005
Apport d'eau & Allaitement
Beaucoup de mamans allaitant se pose la question( parfois sous la pression de son entourage) => en cas de grosses chaleurs faut il que je donne de l'eau en plus à mon bébé??
La réponse est non!
L'allaitement couvre parfaitement les besoins de bébé en apports hydriques, le lait en période de grosses chaleurs s'adaptera et se fera plus aqueux pour hydrater bébé, de plus il apporte en plus de sels minéraux que l'eau elle n'apporte pas!
enfin je vous invite à lire ceci :
apport d'eau & allaitement
05 juin 2005
Co-allaiter
L'allaitement de non jumeaux : le début
Les premiers jours de l'allaitement de non-jumeaux exigent de la créativité, une attitude positive et un bon sens de l'humour. Quand l'un de ces facteurs manque à l'appel, appelez quelqu'un à l'aide : ==>une amie, votre animatrice de La Leche League, votre mari.
Une mère qui se lance dans une action qui va à l'encontre de sa culture, comme l'allaitement de non-jumeaux, aura besoin de beaucoup de soutien.
Allaiter des non-jumeaux n'a rien à voir avec allaiter des jumeaux ou des triplés. Les changements hormonaux du post-partum font qu'il peut être difficile d'être rationnelle et objective tout le temps. On peut ressentir un besoin “ instinctif ” de protéger le nouveau-né et une sorte d'irritation envers le plus grand. C'est normal et cela arrive fréquemment les premiers temps.
Le nouveau-né
Le nouveau bébé a réellement besoin du lait de sa mère d'un point de vue nutritionnel.
=> Dans les premières semaines, le nouveau-né devrait téter d'abord, avant l'enfant plus âgé, pour bénéficier pleinement du colostrum. Pendant cette période où le lait contient beaucoup de colostrum, il se peut que le plus grand ait un peu de diarrhée. Cela est dû à l'effet laxatif du colostrum et cessera lorsque le lait changera.
==>Plus tard, assurez-vous que le nouveau-né ne tète pas exclusivement un sein toujours “ vide ” ou toujours “ plein ”. Comme il a un fort besoin de succion, il doit pouvoir de temps en temps téter un sein déjà bien drainé. Il est important de changer de côté également pour un bon développement de la vision et de la coordination manuelle. Ne limitez pas la tétée à un côté par enfant et n'essayez pas d'imposer un schéma rigide aux deux enfants. Le nouveau-né a besoin du lait de début de tétée pour le liquide et les nutriments hydrosolubles, et du lait de fin de tétée pour la graisse et les nutriments liposolubles. C'est pourquoi il faut alterner les seins et les tétées entre les deux enfants.
===>Mais avec le temps, il va s’établir un rythme naturel entre les deux enfants allaités et vous n’aurez plus à vous inquiéter de qui prend quel sein et à quel moment.
=====>Si vous vous interrogez sur la quantité de lait qu‘absorbe le bébé, vous pouvez compter le nombre de couches mouillées et souillées (au moins 5 à 6 couches jetables ou 6 à 8 couches en coton par jour). Une mère en bonne santé, qui allaite, peut fournir assez de lait pour nourrir deux, trois ou même quatre bébés.
L'hygiène
Vous n'avez pas à vous préoccuper de pratiques d'hygiène particulièrement strictes sous prétexte que vous allaitez des non-jumeaux.
=>Douchez-vous ou baignez-vous régulièrement, portez un soutien-gorge d'allaitement propre, soyez raisonnablement propre, et tout ira bien.
Les tubercules de Montgomery (petites glandes sous l'aréole) sécrètent une substance bactéricide et les bébés possèdent une immunité naturelle contre la plupart des germes familiaux.
==> Si l'un des enfants est malade, vous pouvez ne faire téter qu'un seul sein à chaque enfant, pendant la durée de la maladie. Les microbes responsables des rhumes et autres infections de ce genre, se répandent avant d'avoir pu être diagnostiqués. C'est pourquoi lorsqu'un des enfants allaités présente les signes d'une maladie, cela fait déjà plusieurs jours qu'il partage le même sein avec l'autre enfant.
D'après Gregory White, membre du Bureau professionnel consultatif de La Leche League, il n'est pas nécessaire de limiter chaque enfant à un seul sein pendant une maladie, sauf si cela rassure la mère. Il conseille néanmoins de le faire si la maladie est grave ou très contagieuse. Vous pouvez être également amenée à le faire en cas de mycose, pour éviter qu'elle ne se répande.
L'engorgement
Même si l'aîné a tété pendant la grossesse, il peut tout de même se produire un certain engorgement.
=>C'est à ce moment que la mère appréciera particulièrement que le plus grand tète. S'il est d'accord pour téter, cela aidera à réduire et soulager l'engorgement.
==>Parfois, il refusera de téter tant que les seins ne seront pas à nouveau souples et “ comme avant ”, alors que d'autres se jetteront gaiement dessus !
Quand le bébé naît
Si l'on admet que l'aîné a encore besoin de téter, il faudra s'arranger pour que l'accouchement entraîne le moins de séparation possible. Il est préférable d'éviter une trop longue interruption de la relation d'allaitement avec votre grand.
=>Lorsqu'il verra le nouveau bébé téter, ne soyez pas surprise s'il demande plus souvent à téter. Lorsqu'il comprendra qu'il n'a pas été dépossédé du sein, il demandera moins et reprendra probablement son rythme précédent. Il peut montrer de la jalousie pendant une courte période. La plupart vont s'adapter rapidement aux changements et adopter une attitude très gentille, aimante et protectrice envers leur petit frère ou petite sœur.
Les soins de la mère
La mère peut être un peu plus fatiguée qu'elle ne le serait si elle n'allaitait pas deux enfants, pendant la période du post-partum ;
=>aussi organisez-vous par avance en conséquence. L'allaitement de non-jumeaux demandera de l'énergie et une capacité d'adaptation.
==>Préparez d'avance des plats surgelés et organisez-vous pour les tâches domestiques auxquelles vous et votre mari attachez de l'importance. Peut-être sera-t-il aussi nécessaire d'être moins exigeant dans ce domaine et de faire l'impasse sur certaines choses, afin d'avoir davantage de temps pour se décontracter.
===>Acceptez avec gratitude toutes les offres d'aide. Envisagez d'engager quelqu'un, une adolescente par exemple, pour une heure ou deux, pour donner un coup de main.( Les aide ménagère de la Caf prennent en charge les taches ménagères et le cout est en fonction de votre quotient familial ,) Elle peut jouer dehors avec les plus grands, mettre la lessive en route, mettre le couvert, faire la salade. Tout ce qui peut contribuer au bonheur de l'ensemble de la famille et faire que la vie quotidienne se déroule sans heurts, vaut la dépense.
L'enfant déjà sevré
Il arrive quelquefois qu'un enfant que vous estimiez sevré, observe le nouveau-né en train de téter pendant quelques jours, puis grimpe sur vos genoux et redemande à téter.
=>Peut-être s'est-il sevré pendant la grossesse parce qu'il n'aimait pas sucer un sein “ presque sec ”, ou peut-être simplement s'était-il senti prêt à arrêter.
==>Quelle que soit la raison, il peut changer d'avis à l'arrivée du bébé. Parfois vous pourrez tourner sa demande en plaisanterie, en lui faisant beaucoup de câlins, en lui rappelant qu'il est un “ grand garçon ” maintenant et que téter est la seule façon dont le bébé peut se nourrir. Vous pouvez aussi lui raconter des anecdotes sur ses tétées de nouveau-né.
===>S'il insiste, la plupart des mères pensent que c'est une bonne idée de le laisser essayer. Il se peut qu'il ait oublié comment téter, mais il se sentira rassuré qu'on lui ait permis d'essayer encore une fois. S'il se souvient de la façon de téter, il peut vouloir recommencer pour une certaine période.
Face à cela, vous devrez prendre une décision personnelle. La plupart des mères estiment plus facile et plus agréable de laisser l'enfant reprendre l'allaitement. Dans la plupart des cas, cela ne durera pas très longtemps et cela aidera à sceller une bonne relation entre les deux enfants en diminuant la jalousie de l'aîné. Essayez simplement de vous rendre compte combien cela doit être difficile pour un petit de s'adapter pratiquement du jour au lendemain à tant de changements dans sa vie : tout d'un coup, quelqu'un de nouveau est apparu dans la famille.
Non seulement il voit le bébé téter beaucoup mais, de plus, sa mère n'a plus autant de temps qu'auparavant à lui consacrer. C'est pourquoi décider d'accepter le plus grand au sein pendant aussi longtemps qu'il en éprouvera le besoin, afin de le rassurer, peut sembler une bonne idée.
===>Souvenez-vous que le bambin ne grandit pas du jour au lendemain à l'arrivée du bébé. C'est peut-être l'impression que vous aurez au début, lorsque vous le verrez à côté du nouveau-né. Il vous semblera énorme avec ses grosses chaussures et toutes ses dents, mais c'est encore un très petit enfant avec des besoins très sensibles. Il n'est pas toujours facile pour une mère fatiguée et constamment sur la brèche, d'être spécialement aimante et patiente, mais si vous pouvez communiquer ces sentiments, vous en serez récompensée.
Les besoins d'une mère qui allaite des non-jumeaux
La nouvelle mère va se sentir fatiguée. Elle aura plus faim et soif que jamais. La plupart des mères trouvent très utile de manger quelque chose de nutritif toutes les deux ou trois heures et de boire à leur soif : mais il arrive qu'une mère très occupée oublie qu'elle a soif.
=>Dans ce cas, vous pouvez remplir un verre d'eau et le laisser sur l'évier pour vous rappeler votre besoin de boire chaque fois que vous passez devant.
==>Veillez à ce que vos repas soient corrects sur le plan nutritionnel. Des en-cas et des boissons saines, renforcés d'un apport vitaminique, sont essentiels au bien-être de la mère qui allaite des non-jumeaux, et toute la famille en bénéficiera également. Beaucoup de mères ressentent un besoin accru de protéines (jusqu'à 40 g de plus) et de liquides.
===> Le repos est aussi vital. Faites le plus possible de siestes. Lorsqu'il n'est pas possible de dormir, allongez-vous et reposez-vous, même par terre, avec votre bambin qui joue à côté de vous. La nuit, des arrangements de type lit familial sont ce qui convient le mieux à beaucoup de familles. Garder les petits à côté de soi assure en général un meilleur sommeil à tout le monde.
====>Il faut faire preuve de créativité en ce qui concerne les positions d'allaitement la nuit et les postures de sommeil. Pour des tétées simultanées du bébé et du plus grand, il est très confortable d'allaiter soit au lit, soit assise jambes croisées, avec un gros coussin sous chaque bras.
Lorsque le plus grand veut le contact sans téter et que le bébé tète, essayez de blottir le bambin entre vos jambes. Beaucoup de familles dorment avec le grand entre papa et maman, et le nouveau-né en position d'allaitement du côté de la mère. D'autres mettent le matelas par terre, avec un deuxième matelas près de la mère pour le plus grand, afin qu'elle puisse le caresser, lui tenir la main pendant la nuit s'il veut un peu de réconfort pendant que le bébé tète.
=>Une chose que ressentent souvent les mères qui allaitent des non-jumeaux, est d'être en “ overdose ” de contact. Cela arrive quand une mère a l'impression d'avoir toute la journée quelqu'un niché sur elle en train de téter. Les deux enfants ont besoin d'elle, son mari également d'une autre façon, et elle commence à se demander si elle va un jour s'appartenir. Il est facile de se sentir submergée dans de telles conditions.
Le meilleur conseil à donner pour lutter contre ces sentiments, est de se concentrer sur les raisons qui ont entraîné la décision d'allaiter les deux enfants. Cela aide souvent à clarifier les choses. Demandez-vous ce que vous feriez à un moment donné avec votre bambin si vous ne l'allaitiez pas et que vous deviez vous occuper du nouveau bébé.
==>Beaucoup de mères qui sont passées par là recommandent de “ s'éloigner de tout ”. Elles suggèrent d'habiller tout le monde et de faire une promenade dehors, à moins qu'il ne pleuve à verse ou qu'il y ait une tempête ! Quitter la maison rafraîchit les esprits, d'une certaine façon.
==>Prendre une douche peut également aider si la mère en trouve le temps. Une mère raconte que lorsque ça commençait à aller mal, elle allait sur le seuil de la porte, derrière la maison, et poussait un hurlement de toute la force de ses poumons. Cela libérait sa tension nerveuse et son sentiment de frustration, mais elle ajoute qu'il faut prévenir les voisins à l'avance !
====>Pour finir, chaque fois que vous vous asseyez pour allaiter dans la journée, préparez-vous un en-cas. Cela vous évitera d'avoir faim, et comme l'en-cas risque d'intéresser le plus grand, vous avez une chance de vous retrouver à n'allaiter que le nouveau-né.
Tétées simultanées
Lorsque le bambin veut téter immédiatement et qu'un en-cas ne peut suffire à le faire patienter quelques minutes, vous allez devoir l'allaiter en même temps que le nouveau-né.
Certaines mères préfèrent alors mettre le nouveau-né dans la position “ ballon de rugby ”, soutenu par un coussin, pour allaiter les deux simultanément.
Beaucoup de mères ont trouvé plus simple de mettre d'abord le bébé au sein, puis de laisser le plus grand libre de choisir sa position. Il est étonnant de voir comment ils arrivent à se débrouiller ensemble.
Souvent, le plus grand apprécie d'avoir le nouveau-né sur les genoux, ce qui lui donne un sentiment protecteur. Dans ces moments-là, les mères observent souvent des interactions riches et précieuses entre les deux enfants, qui se regardent dans les yeux ou se tiennent la main. Parfois aussi, le plus grand caresse doucement le bras du bébé.
Ces moments font que le co-allaitement en vaut la peine. Les parents affirment que deux enfants qui tètent ensemble semblent grandir avec le minimum de jalousie et de rivalité. Ils semblent plus proches que d'autres frères et sœurs de la même famille, et le plus grand garde à l'égard du plus petit une sorte d'amour protecteur longtemps après la fin de l'allaitement.
source =>www.lllfrance.org
Sein vide, sein plein?
On a pensé il y a longtemps que le sein était comme un réservoir. Il se remplissait, et quand c'était vide, il fallait attendre qu'il se remplisse à nouveau.
Puis est arrivé lépoque où on pensait : pas de lait en réserve, mais le lait est produit au moment de la tétée en continue. C'est l'idée qui est encore dans les idées en moment pour la plupart des personnes.
Dernièrement, en Australie, il y a une équipe de recherche active pour comprendre comment se passe la lactation humaine. Et ils ont pu découvrir des choses très intéressantes avec les nouvelles techniques d'imagerie médicale. Car les données qu'on avait jusqu'à présent étaient basées sur des observations des seins de femmes mortes (désolé ...) et donc pas des seins en cours d'activité.
Leurs conclusions (que personne ne semble réfuter maintenant) seraient qu'en fait le sein fait les 2 :
- il produit du lait, mais pas seulement en cours de tétées, il en produit toute la journée, à un rythme de synthèse plus ou moins rapide selon les femmes, mais quant même pas assez rapide pour fournir l'ensemble du lait nécessaire pour la tétée juste sur le temps de la tétée.
- il stocke le lait produit entre les tétées, dans ce qu'y est appelé le "volume de stockage". Ce volume est variable d'une femme à l'autre, d'un sein à l'autre, d'un allaitement à l'autre (comme la vitesse de synthèse). Et même si on est tenté de penser que c'est lié au volume extérieur des seins, ce n'est pas systématique.
Ce qui fait que pendant une tétée, le lait arrive parce qu'il y a le réflexe d'éjection qui éjecte le lait stocké dans le sein. Mais quand le lait ne sort plus, entre les réflexes d'éjection, ou entre les tétées, le lait est toujours synthétisé et se stocke, dans la limite de l'espace disponible. C'est donc la stimulation du bébé pendant la tétée qui provoque les réflexes d'éjection.
Ce qui fera par exemple des couples maman/bébé avec peu de tétées mais beaucoup de lait par tétée pour une maman qui a un fort volume de stockage (aidé par un réflexe d'éjection important).
Et d'autres avec beaucoup de tétées par jour, mais moins de lait par tétée pour une maman dont le volume de stockage sera plus faible : une fois le volume de stockage consommé (d'ailleurs jamais complètement), le lait est produit en continue donc il continue d'y en avoir un peu, mais le débit sera faible.
Avec ça, on est tenté de se dire, ben dans ce cas, il faut attendre un certains temps entre les tétées pour avoir plein de lait ! Mais en fait, comme on ne connait pas son volume de stockage ni l'état de son stock, on ne peut pas savoir le temps optimum à attendre. Or, quand le volume de stockage atteint son max, il y a un système qui dit au sein de ralentir sa synthèse de lait puis de l'arrêter : bref, les seins n'explosent pas (ou ne fuient pas)
Or, plus la synthèse est interrompue comme ça, plus avec la temps elle va être lente : pas la peine de s'affoler à produire du lait si elle doit s'arrêter rapidement. Du coup, la production totale de lait diminue peu à peu.
C'est donc la "vidange" du sein qui favorisera une forte production de lait (et pas la succion du bébé).
Ce qui fait que l'observation qui dit "plus bébé tète, plus il y a de lait" reste entièrement vraie. D'autant plus que plus le sein est tété, et donc le volume de stockage vidé, plus il sera facile d'accéder au lait plus riche de fin de tétée. Curieusement, quand un sein est "plein", donc avec un volume de stockage au max ou presque et la synthèse de lait presque nulle, le premier lait qui arrivera sera le lait plus aqueux, puis seulement avec la tétée, et le volume de stockage qui se vide, les graisses se "détachent" du fin fond du sein (c'est une image, c'est pas encore trop clair coté fonctionnement d'où viennent ces graisses, au moment de la tétée ou avant et "bloquées" quelque part). Par contre, un sein plus "vide" donc avec un volume de stockage déjà entamé, le lait qui arrivera sera déjà plus avancé vers le lait de fin de tétée.
Il reste un dernier point, pour certains, c'est que pendant la tétée et juste avant, les seins se préparent à fabriquer plus de lait, à s'activer, et du coup il y a un afflux de sang et de lymphe. Ce qui contribuerait aussi à la prise de volume du sein à ce moment là.
Bon, voilà pour les explications techniques !
Si on veut expliquer ça simplement, on peut dire que le lait est fabriqué en permanence, qu'il peut se stocker un peu dans les seins en attendant que bébé le boive, et que plus bébé boit de lait, plus la fabrication est rapide, donc plus il y a de lait à boire. Ce qui explique l'impression de sein plein et vide, tout en gardant à l'esprit qu'il n'est jamais vide puisque la synthèse se fait en permanence. Donc même très peu de temps après, il y aura à nouveau du lait disponible, par exemple quand on fait de l'hyper-alternance.
Pendant une poussée de croissance par exemple, le bébé tète vraiment beaucoup et "vide" le sein, voire les 2, très souvent. Le bébé risque de s'énerver sur le sein s'il en voulait encore. Un truc est de faire de l'hyper-alternance : dès que bébé s'énerve on change de sein, quitte à faire Droite Gauche D G D ... Ca permet au bébé d'avoir toujours un peu de lait, et en plus ça stimule.
je remercie Lupiana pour cet article
16 mai 2005
Bébé prend t- il assez de lait?
Les mères qui allaitent demandent souvent comment savoir que leur bébé prend assez de lait. Le sein n'est pas un biberon, il n’est pas transparent, et il n'est pas possible de voir combien de millilitres ou de centilitres le bébé a bu. Dans notre société obsédée par les chiffres, certaines mères ont du mal à accepter de ne pas savoir exactement quelle quantité de lait a absorbé leur bébé.
Cependant, il y a des moyens pour savoir que le bébé en a pris suffisamment. A long terme, la prise de poids est le meilleur indicateur qui permette de s'assurer que le bébé prend assez de lait, mais les principes qui sont valables pour la prise de poids de bébés nourris au biberon ne le sont pas forcément pour les bébés allaités.
Des moyens pour le savoir
1
La succion efficace du bébé est particulière.
Un bébé qui obtient beaucoup de lait au sein tète d'une manière très caractéristique. Le bébé ne reçoit pas forcément du lait parce qu’il a le sein dans la bouche et qu’il fait des mouvements de succion. Lorsqu’il reçoit du lait, le bébé ouvre généralement sa bouche très largement quand il tète, et son rythme de succion est lent et régulier. Ses lèvres sont retroussées. Au moment où sa bouche est ouverte au maximum, il fait une pause discernable, que l’on peut aussi observer en regardant son menton. Puis le bébé referme la bouche. Cette pause n'est pas la pause qui sépare deux succions consécutives, mais bien une pause au milieu d'une succion, alors que le bébé ouvre sa bouche au maximum. Si vous voulez vous le démontrer, mettez l’index ou autre doigt dans la bouche et sucez comme vous le feriez avec une paille. Alors que vous sucez, votre menton s’abaisse et reste en bas tant que vous sucez. Quand vous cessez de sucer, votre menton remonte. Chacune de ces pauses correspond à la prise d'une gorgée de lait lorsque le bébé le fait au sein. Plus la pause est longue, plus le bébé boit de lait.
Lorsqu’on reconnaît la pause, on peut éliminer une foule d’absurdités que se font dire les mères qui allaitent, comme de faire téter le bébé 20 minutes chaque côté. Un bébé qui tète de cette façon (avec les pauses) pendant 20 minutes d’affilée peut très bien ne pas téter du deuxième côté. Un bébé qui « tétouille » (ne boit pas) pendant 20 heures aura encore faim lorsqu’il relâchera le sein.
2
Les selles du bébé.
Les premiers jours post-partum, le bébé élimine le méconium, une substance vert foncé, presque noire. Le méconium s'est accumulé dans l'intestin du bébé durant la grossesse. Il s'évacue pendant les premiers jours ; à partir du troisième jour, les selles commencent à s'éclaircir, au fur et à mesure que le bébé reçoit davantage de lait. Normalement, vers J5, les selles ont l'apparence habituelle des selles normales d’enfants allaités. Elles sont pâteuses ou liquides, de couleur moutarde, et d’odeur faible. Cependant, les selles peuvent aussi s'écarter considérablement de cette description. Elles peuvent être vertes ou orange, peuvent contenir des caillots ou des mucosités, ou peuvent avoir la consistance d'une mousse à raser (présence de bulles d'air). Ces variations de couleur ne veulent pas dire qu’il y a un problème. Un bébé qui ne reçoit que du lait maternel et qui commence à avoir des selles qui s’éclaircissent vers son troisième jour de vie, va bien a priori.
Sans que cela devienne une idée fixe, observer la fréquence et la quantité des selles est l'un des meilleurs moyens de savoir si le bébé reçoit assez de lait (mais pas aussi bon que d’observer la pause au niveau du menton). Après les 3-4 premiers jours, on devrait observer une augmentation du volume des selles, et à la fin de la première semaine le bébé devrait avoir quotidiennement 2 à 3 selles suffisamment volumineuses. De plus, la plupart des enfants mouillent une couche après pratiquement chaque tétée. Un bébé qui évacue toujours du méconium au cinquième jour devrait être vu par un médecin le jour même. Un bébé qui n'évacue que des selles de couleur marron ne reçoit probablement pas assez de lait, mais cela n'est pas obligatoire.
Après les 3-4 premières semaines, les selles de certains bébés allaités peuvent se modifier subitement, leur fréquence passant de plusieurs selles quotidiennes à une selle tous les trois jours, voire plus. Certains bébés peuvent passer 15 jours ou plus sans avoir de selles. Tant que le bébé va bien et que les selles ont l'aspect habituel (jaunes, pâteuses ou molles) cela n'est pas une constipation, et il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Aucun traitement n'est nécessaire ni souhaitable, car aucun traitement n'est nécessaire ou souhaitable pour quelque chose de normal. Mais entre 5 et 21 jours, tout bébé qui n'a pas évacué de selles sur une période de 24 heures devrait être vu par un médecin le jour même. Généralement, de petites selles peu fréquentes durant cette période témoignent d'une absorption lactée insuffisante. Il y a des exceptions et tout peut être normal, mais il est préférable de s’en assurer.
3
Les urines.
Après le 4-5ème jour, vous savez que le bébé prend beaucoup de lait (s’il est exclusivement allaité) s’il mouille abondamment 5 à 6 couches par jour. Malheureusement, les nouvelles couches « super absorbantes » semblent être sèches même lorsqu’elles sont pleines d'urine, mais dans ce cas elles sont lourdes. Il est évident que l’appréciation sera faussée si le bébé reçoit aussi de l'eau (ce qui, de toute façon, est inutile chez bébés allaités ; de plus, si l'eau est donnée au biberon, cela peut interférer avec l'allaitement). Les urines du bébé devraient être très pâles après les premiers jours, mais des urines occasionnellement plus foncées ne sont pas un problème.
Pendant les 2 à 3 premiers jours de vie, certains bébés ont des urines roses ou rouges. Ce n'est pas une raison pour paniquer, et cela n'indique pas que le bébé soit déshydraté. Personne ne sait à quoi est dû ce phénomène, ni même si c'est normal ou non. C'est vraisemblablement dû au fait que, pendant les premiers jours, les bébés allaités absorbent une moins grande quantité de lait que les bébés nourris au lait industriel, mais les bébés nourris au biberon ne sont pas la norme à laquelle les bébés allaités doivent être comparés. Cependant, l’existence d’une telle coloration des urines devrait amener à vérifier que le bébé est bien mis au sein et qu’il tète efficacement. Durant les premiers jours de vie, le bébé ne peut prendre du lait maternel que s'il est correctement mis au sein. Si ce n’est pas le cas, donner de l'eau au biberon, à la tasse ou au doigt ne résoudra pas le problème. Cela permettra seulement au bébé de quitter l'hôpital avec des urines qui ne sont pas rouges. Corriger la mise au sein, utiliser la compression du sein pendant la tétée, cela corrigera le problème. Si une bonne position au sein alliée à la compression des seins n’aboutit pas une absorption de lait suffisante, il y a des moyens pour donner des suppléments sans utiliser de biberon (Feuillet n°5 - Utiliser un DAL). Limiter la durée et la fréquence des tétées peut également contribuer à la diminution de la prise de lait.
Les éléments suivants NE SONT PAS de bons moyens pour juger
1
Les seins de la mère ne semblent pas pleins.
Après les premiers jours ou semaines, il est normal, pour la plupart des mères, de ne pas sentir leur sein « tendus ». Le corps s'ajuste à la demande du bébé. Ce changement peut apparaître brutalement. Certaines mères qui allaitent parfaitement ne se sentiront jamais engorgées ni n'auront les seins « tendus ».
2
Le bébé « fait ses nuits ».
Un tel bébé n’est pas nécessairement bien nourri. Un bébé qui dort toute la nuit à 10 jours, par exemple, peut, en fait, ne pas recevoir assez de lait. Un bébé trop somnolent, qui doit être réveillé pour les tétées ou qui est « trop sage », peut ne pas recevoir assez de lait. Il y a beaucoup d'exceptions, mais il sera utile de demander de l'aide rapidement.
3
Le bébé pleure après la tétée.
Bien que le bébé puisse pleurer après la tétée parce qu’il a faim, il peut aussi pleurer pour de nombreuses autres raisons. Voir également Les coliques. Ne pas limiter pas la durée des tétées. « Finir » le premier sein avant d’offrir le second.
4
Le bébé tète souvent et/ou longtemps.
Pour une mère, des tétées toutes les trois heures pourront être trop fréquentes ; pour une autre, 3 heures entre les tétées pourra sembler un long intervalle. Pour certaines, une tétée de 30 minutes sera une longue tétée ; pour d'autres ce sera une petite tétée. Il n'y a pas de règle sur la fréquence et la durée des tétées. Il est faux que les bébés prennent 90% de leur ration pendant les 10 premières minutes. Si on laisse le bébé déterminer son propre rythme pour les tétées, les choses iront généralement bien, dans la mesure où le bébé tète efficacement et a au moins 2-3 selles abondantes chaque jour. Si c'est le cas, donner un sein par tétée (ou, tout au moins, le laisser terminer un sein avant de lui proposer l’autre) va souvent augmenter l’espacement entre les tétées. Rappelez-vous qu’un bébé peut rester au sein pendant deux heures, mais s'il ne tète efficacement (type de succion : ouverture-pause-fermeture) que 2 minutes, il lâchera le sein en étant toujours affamé. Si le bébé s'endort rapidement au sein, la mère peut comprimer le sein pour stimuler l’écoulement du lait (voir => Compression du sein). Contacter une personne compétente en matière d’allaitement à la moindre inquiétude, et attendre avant de donner des compléments. Si des compléments sont réellement nécessaires, il y a des moyens de le faire sans utiliser de tétine (voir => Utiliser un DAL).
5
« Je ne peux exprimer que 10 ml de lait »
Cela ne veut rien dire et ne devrait pas vous influencer. Quel que soit le cas, il n’est pas nécessaire que la mère tire son lait « juste pour voir ». La majorité des femmes ont beaucoup de lait. Le problème le plus fréquent est que le bébé ne prend pas le lait qui est disponible, parce qu’il n’est pas mis correctement au sein, ou que sa succion est inefficace, ou les deux. Ces problèmes peuvent souvent être rapidement résolus.
6
Le bébé accepte de prendre un biberon après la tétée.
Cela ne veut pas nécessairement dire que le bébé a faim. De plus, ce n'est pas une bonne idée, car le biberon peut interférer avec l'allaitement.
7
A 5 semaines, tout d'un coup le bébé lâche le sein au bout d’un moment et semble encore avoir faim.
Cela ne veut pas dire que le lait s'est « tari » ou que la production a diminué. Pendant les premières semaines, les bébés s'endorment souvent au sein quand le flot de lait diminue même s'ils n'en ont pas eu suffisamment. Quand ils sont plus âgés (4-6 semaines), ils ne s'endorment plus, mais lâchent le sein ou semblent insatisfaits. La sécrétion de lait n'a pas changé ; c'est le bébé qui a changé. Utiliser la compression du sein pour augmenter le flot de lait reçu par le bébé.
Remarques sur les courbes de poids et les balances
1
Les balances sont toutes différentes. Nous avons trouvé des différences importantes d'une balance à l'autre. Les poids sont souvent mal notés. Une couche mouillée peut peser jusqu’à 250g, donc les bébés devraient être pesés nus.
2
Beaucoup de règles concertant la prise de poids ont été élaborées à partir d'observations de bébés nourris au lait industriel. Elles ne s'appliquent pas forcément aux bébés allaités. Une prise de poids lente au début peut être compensée plus tard, en améliorant la pratique d'allaitement. Les courbes de poids sont uniquement des guides.
Traduction du feuillet n° 4 du Dr Jack Newman, MD, FRCPC © 2003
« Is My Baby Getting Enough Milk?».
Révisé en janvier 2003
Le bébé prend-il assez de lait ?
Tirer son lait manuellement
Exprimer manuellement du lait
Pourquoi ?
Exprimer manuellement du lait, ou encore "tirer" son lait à l'aide de ses mains, peut se révéler utile à de nombreux moments de l'allaitement. Engorgements, utilisation ultérieure du lait recueilli (à donner à boire au bébé, pour nettoyer des yeux ou une peau irritée, ...), réflexe d'éjection très fort, lait de fin de tétée donné de préférence à un bébé qui a des besoins spéciaux, etc., peuvent amener les mères à souhaiter savoir faire ce geste.
Quand il s'agit d'un besoin ponctuel, il est souvent considéré comme plus pratique que l'utilisation d'un tire-lait. Mais y compris dans des situations comme les séparations régulières de la mère et de l'enfant, il peut être préféré à l'utilisation d'un tire-lait.
Bien entendu, ce n'est pas un geste obligatoire non plus, et de nombreuses mères ont allaité des enfants sans avoir jamais eu à exprimer du lait.
Les points forts
=>Aucun matériel à emporter, ni à nettoyer
=>Pas besoin d'électricité
=> Toujours disponible dans toutes les situations, y compris en cas d'urgence
Les poins faibles
=>Une certaine expérience de la pratique est nécessaire
=> Parfois salissant (le lait peut gicler dans tous les sens)
=>Certaines mères n'aiment pas le geste
En image, comment faire
1. Placez le pouce et l'index de part et d'autre de l'aréole (dessin 1) en appuyant vers la cage thoracique (vers l'arrière).
2. Ramener le pouce et l'index vers l'avant, en les rapprochant l'un de l'autre (dessin 2). Le sein est alors légèrement tiré vers l'avant. Attention, ce geste doit être absolument indolore. Essayez de vous baser sur les sensations éprouvées lors d'une tétée du bébé. Recommencez à partir de 1.
3. Après plusieurs mouvements, quelques gouttes de lait peuvent couler. Ensuite, quand un flux de lait est amorcé, le lait se met à gicler, parfois dans tous les sens. Récoltez le avec une tasse ou un bol.
4. Quand le lait coule moins, vous pouvez déplacer vos doigts autour de l'aréole (dessin 3). Puis changer de sein.
1
2
3
Les images sont reprises du livre "Aider les mères à allaiter" de l'OMS
sinon voici une technique d’expression manuelle que vous pouvez mettre en pratique très simplement :
Il peut être nécessaire de faire plusieurs essais pour apprendre à tirer votre lait à la main. Aussi, entraînez-vous avant de reprendre le travail. Avant de commencer l’expression manuelle, lavez vos mains et prévoyez un récipient propre pour collecter le lait.
Pour exprimer votre lait, placez vos doigts et votre pouce en forme de C majuscule environ à 2,5 à 5 cm en arrière du mamelon et de l’aréole.
Evitez de pincer le sein.
Appliquez une pression ferme, poussez vers la cage thoracique. Pour un sein important, soulevez le sein avant d’appuyer.
Roulez le pouce et les doigts vers l’avant pour comprimer et vider les sinus lactifères.
Faites attention à ne pas appuyer trop fort sinon vous pourriez meurtrir les tissus du sein.
Ne tirez pas sur le mamelon.
Répétez ces gestes pour extraire le lait. Placer, pousser et rouler.
Après avoir vidé les canaux lactifères, placez votre main de façon à vider d’autres canaux.
Déplacez votre main dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

La grève de tétée
Si petit et déjà en grève !
Voir son bébé refuser le sein est sans doute une des situations les plus déroutantes et les plus angoissantes que puisse vivre une femme qui allaite. Les nombreux témoignages que nous publions dans les pages suivantes en sont la preuve : "je me sentais rejetée", "j'avais l'impression qu'il ne voulait plus de moi", "c'était l'enfer", etc. Tous témoignent d'un désarroi intense.
D'autant plus intense que très souvent, l'entourage médical et familial n'est alors d'aucune aide ("manifestement votre bébé préfère le biberon", "il doit sentir que vous ne désirez pas vraiment l'allaiter", "tu as essayé, c'est bien, n'insiste pas", "ton bébé veut sûrement se sevrer", etc.), quand il ne désapprouve pas ouvertement ce qu'il perçoit comme un "acharnement" inexplicable, voire pathologique.
Pourtant, les épisodes de refus du sein et les "grèves de la tétée" ne sont pas si rares que cela, et peuvent survenir à divers moments de la relation d'allaitement.
Si elles ne sont pas abusivement confondues avec un sevrage (1), les grèves de la tétée finissent généralement par se solutionner, soit qu'on en ait trouvé la cause et qu'on ait pu y remédier, soit que, sans qu'on la connaisse jamais (il y a des grèves sans revendications affichées !), un peu de temps et d'attention résolve le problème.
Nous ne ferons pas ici la liste exhaustive de toutes les causes possibles et imaginables de grève de la tétée (2), et nous contenterons d'évoquer quelques cas parmi les plus courants.
Dès la naissance
Un bébé qui semble refuser le sein dès le début est le plus souvent un bébé qui a été perturbé pendant l'accouchement (3) ou dans les moments qui ont suivi.
On sait par exemple que la séparation mère/enfant pendant les premières heures après la naissance peut gravement perturber le réflexe de succion, qui est au plus fort à ce moment-là, et faire qu'ensuite le bébé ne "veuille plus téter".
De même certaines mises au sein particulièrement "musclées" peuvent avoir des résultats catastrophiques. Si par exemple, en voulant "aider" le bébé à prendre le sein, on tient sa tête et on la pousse vers le sein, il y a un risque important pour qu'il la rejette en arrière de façon réflexe. Et ceci peut se reproduire lors des tentatives suivantes, même si plus personne ne touche sa tête.
Une autre possibilité est que la mère, soit parce qu'elle n'est pas informée soit parce qu'elle n'a pas le bébé proche d'elle, ne détecte pas les petits signaux que celui-ci envoie et qui montrent qu'il est prêt à téter : yeux qui bougent sous les paupières, lèvres qui font des mouvements de succion, succion des poings, des mains, bras et jambes qui bougent, appel par de petits cris doux d'une syllabe...
Si ces signaux d'appel ne sont pas perçus, que va-t-il se passer ? Au début, souvent rien : le bébé va rester sur sa faim et replonger assez vite dans un sommeil profond. Si ensuite on essaie, pendant ce sommeil profond, de lui proposer le sein, il n'arrivera pas à se réveiller suffisamment et aura l'air de "refuser" le sein.
Si ces signaux sont ignorés pendant plusieurs heures, au réveil suivant, le bébé va plus ou moins sauter ces signaux "subtils" et se mettre tout de suite à pleurer. C'est alors qu'il peut hurler, se cabrer, donner l'impression qu'il ne sait plus les gestes pour téter, voire qu'il "refuse" le sein, en rejetant tout son corps en arrière.
Autres causes possibles d'un apparent refus du sein : douleur du bébé due à un traumatisme au moment de l'accouchement, problème médical (cécité, surdité...), ictère, hypertonie du bébé qui lui fait "arquer" son corps, odeur des produits mis sur le mamelon, hypersensibilité du bébé aux stimuli, etc.
Après quelques jours
Un bébé qui a bien tété les premiers jours et se met à "refuser" le sein a, le plus souvent, été perturbé dans sa succion par l'introduction de biberons de complément et/ou de sucettes.
Nous ne reviendrons pas ici sur le problème de la confusion sein/tétine, que nous avons déjà abordé (4), mais c'est sans doute la cause principale de refus du sein dans les premiers jours.
Une seconde cause possible est le réflexe d'éjection fort : le bébé qui se débrouillait bien les tout premiers jours avec le débit du colostrum, est soudain complètement submergé et dépassé au moment de la "montée de lait". Il tousse, s'étrangle, et si l'on n'y prend pas garde (5), peut finir par vraiment refuser ce qui pour lui, est devenu une expérience franchement désagréable.
Au fil de l'allaitement
Comme on le verra dans les témoignages qui suivent, un bébé de quelques mois peut faire la grève de la tétée pour des raisons très diverses. Citons-en quelques-unes.
=>Un bébé particulièrement sensible à l'humeur de l'entourage, et en premier lieu de sa mère, peut faire grève si le climat est trop "chargé", ou si la famille est trop occupée (cas typique du déménagement).
=>Un bébé qui a mordu le sein et dont la mère a réagi trop vivement, peut être tellement sidéré et choqué qu'il en arrête de téter.
=>Un bébé peut être dérouté par le goût "salé" qu'a souvent le lait juste après une mastite.
Grève unilatérale
Cette dernière cause entraîne en général le refus d'un seul sein, celui qui a été affecté par la mastite.
D'autres raisons peuvent faire que le bébé refuse un seul sein. Elles tiennent en général au fait que le bébé ne se sent pas bien quand il est positionné à un des seins : narine bouchée, otite, hernie, vertèbre déplacée, clavicule cassée au moment de l'accouchement, position in utero.
Ou bien qu'objectivement, un des seins est "moins bien" que l'autre : sein plus engorgé, mamelon plat ou ombiliqué, sein qui "donne" moins de lait, canaux lactifères endommagés par une blessure ou une chirurgie, tumeur.
Il faut savoir terminer une grève
Si la cause de la grève ou du refus est bien identifiée, il faut bien évidemment travailler d'abord à la supprimer. Par exemple, si l'on pense que le bébé est incommodé par un parfum ou un déodorant, on commencera par s'en débarrasser.
Mais la suppression de la cause (quand elle est connue, ce qui est loin d'être toujours le cas) ne suffit pas toujours à rétablir la situation. Il faut souvent, en quelque sorte, "réapprivoiser" le bébé, pour qu'il soit à nouveau convaincu du bonheur de téter.
Pour cela on peut essayer d'allaiter le bébé dans une autre position et dans un autre environnement que d'habitude, l'allaiter quand il est à moitié endormi, l'allaiter en marchant, prendre un bain avec lui (méthode préconisée par les sages-femmes australiennes pour aider le bébé à retrouver les mouvements de succion), favoriser le plus possible le contact peau à peau, ... et essayer de se détendre !
Conclusion
Fort heureusement, la plupart des grèves de la tétée se résolvent en deux ou trois jours, et rien ne peut égaler la joie qui inonde la mère - et le bébé - quand elle sent à nouveau son petit téter goulûment et avec bonheur. Cela aurait vraiment été trop bête de confondre cet épisode avec un sevrage...
Claude Didierjean-Jouveau
en collaboration avec Laure Marchand-Lucas
(1) Pour distinguer sevrage et grève de la tétée, une règle simple, qui souffre peu d'exceptions : un refus brutal du sein ne peut pas être un sevrage induit par le bébé.
(2) Nous renvoyons pour cela au Breastfeeding Answer Book, chapitres "Breast refusal", "Persuading the baby to take the breast" et "Refusal of one breast" (pp. 268-276), ainsi qu'aux articles de la LLLettre des Associés médicaux, "La grève de la tétée" (LLLAM n° 18, p. 5) et "Bébé refuse un sein" (LLLAM n° 9, p. 4).
(3) Les médicaments donnés à la mère peuvent induire chez le bébé une léthargie, une somnolence pendant les premiers jours, qui peuvent être confondues avec un refus du sein.
(4) Voir Allaiter aujourd'hui n° 28, p. 10.
(5) Voir Dossiers de l'allaitement n° 28, p. 17.
Source La Leche Ligue












